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Paul-maurice CORDIER - Un combattant de 1940 parmi d'autres

Mémoire

Pas seulement parmi les membres de la FARAC mais aussi dans tout le monde combattant de la région Lyonnaise, chacun connaît le Porte-Drapeau Paul-Maurice CORDIER. C’est tout à fait par hasard, en discutant de la campagne de 1940 à la sortie d’une messe à Saint-Bonaventure, ces derniers jours, que j’ai découvert qu’il avait quelques souvenirs pittoresques et dramatiques à raconter. Il a bien fallu le forcer un peu et vaincre sa modestie, mais voici un témoignage qui méritait d’être recueilli pour illustrer cette malheureuse campagne de 40.

ARTILLEUR EN 40

Venant du 105e R.A.L.H. (Artillerie Lourde....), je fus muté sur ma demande au 405e RADCA (Défense Contre Avion) à Lyon, le 12 avril 1939, et affecté à la 3e puis à la 1ère batterie au camp de Sathonay. Brigadier-Chef à la Mobilisation, je fus affecté le 15 septembre à la 16e batterie et nommé maréchal-des-logis le 12 novembre suivant.

Cette 16e Batterie devint la 1016e Batterie du 405e RADCA (*), doté du canon de 25 m/m. antiaérien, dont les déplacements étaient sur affût tracté derrière un véhicule Citroën semi-chenillé.

LA CONTRE-OFFENSIVE DES FLANDRES

Lorsque l’attaque allemande se déclenche, au matin du 10 mai 1940, l’unité reçoit aussitôt l’ordre de faire mouvement en Belgique. Après avoir passé la frontière, nous parvenons au sud-est de Bruxelles.

Mais les événements se précipitent. L’offensive allemande est tellement rapide, bousculant les défenses hollandaises, puis belges que nous ne parvenons pas à connaître la moindre stabilité. Nous entamons toute une série de mouvements, dont nous sommes bien loin de percevoir, à notre modeste échelon, les tenants et aboutissants. En une semaine, nous passons ainsi successivement par Wavre, la forêt de Gembloux, Namur, Charleroi, Nivelles, Gosselies, Roche, Blarégnies, Mons, Bavey, Jolimets, Le Quesnoy, où, à chaque arrêt nous mettons en batterie, les tubes face au ciel dans l’attende des attaques des Stukas.

Au cours de tous ces mouvements, le commandement du Régiment finit par perdre le contact avec notre unité, à la fois parce que les ordres ne parviennent pas à temps, parce qu’ils sont dépassés quand ils sont reçus, parce que les routes sont encombrées d’unités de toutes sortes qui, elles aussi, cherchent leurs itinéraires et leurs destinations, et parce sont venues s’ajouter de longues colonnes de réfugiés qui fuient vers le sud. Dans cette cohue, seuls l’Adjudant Escoffier qui devient, de facto, le commandant de la batterie et les six sous-officiers chefs de pièce, dont je fais partie, restent groupés avec leurs moyens et avec le ravitaillement et la précieuse roulante. Dans les mouvements de repli suivants, par Cambrai, Bapaume, Cantone et Marchies, sur la frontière belge, nous espérons retrouver notre état-major. Espoir déçu, malheureusement, et il faut continuer notre chemin.

Alors, un chef de bataillon qui s’intéresse à notre sort nous rattache à une compagnie de chars que nous avons suivie fidèlement, jusqu’au 21 mai, en direction d’Armentières, Bailleul, Furnes. Le 21 mai, la batterie est mise sous les ordres du Capitaine Papin, commandant la 1005e Batterie.

DUNKERQUE

Et le repli continue, toujours vers l’ouest. Parvenus au Canal de Furnes, toujours sur la frontière, nous découvrons que tous les ponts sont coupés. Pour la batterie, c’est la fin. Nous devons détruire notre matériel puis traverser le canal à pied.

Le 28 mai, la batterie poursuit à pied son repli. Bray-Dune, Malo-les-Bains et, enfin... Dunkerque, le grand rendez-vous de l’Histoire. Paraphrasant Napoléon au soir d’Austerlitz, qui, lui, parlait de sa plus belle victoire, nous allions pouvoir dire plus tard : "J’étais à Dunkerque..." (**).

Eh oui, à Dunkerque ! Nous avons été dirigés sur une plage à l’ouest de la ville. Arrivés le 28 mai, nous avons attendu dans l’angoisse pendant trois jours en ayant largement le temps d’imaginer toutes les solutions qui mettraient un terme à notre aventure, la capture, la plus probable, un embarquement sur un bateau anglais, bien problématique, ou tout simplement la mort à la suite des fréquentes incursions des avions allemands.

Finalement, le 1er juin, nous avons été tout surpris quand on est venu nous rassembler pour "embarquement immédiat". Ce n’était pas la voix angélique d’une belle hôtesse d’Air France diffusée par haut-parleur mais un grand coup de gueule qui n’avait pas besoin d’être répété.

LE NAUFRAGE

Et nous voilà repartis pour une nouvelle aventure. Et quelle aventure !!

Nous avons rejoint le paquebot anglais "Scotia". Il nous paraissait énorme et fragile à la fois tant le danger aérien était à son paroxysme. A 11 h 45, les chaudières au maximum, il quittait la terre ferme. Il n’a pas été bien loin. Peu après la sortie de la rade, il a été attaqué à la bombe par l’aviation allemande. Ca devait arriver. Les explosions se succédaient de toutes parts. Je me trouvais entassé sur le pont supérieur avec plusieurs hommes de mon unité. L’adjudant Escoffier, toujours lui, qui était à côté de moi, a été blessé par des éclats et je me suis trouvé moi-même précipité à la mer.

La suite relève du miracle. Pas de ceinture de sauvetage. Dans un embarquement aussi précipité, on n’avait pas eu le temps d’en distribuer et, de toute manière, il n’y en avait pas pour tous ces hommes qui dépassaient cinquante fois les capacités normales en passagers du navire et il ne s’agissait pas d’une croisière. Mais, en plus, dans ma vie antérieure, j’avais négligé d’apprendre à nager. On ne pense pas à tout... Et me voilà, je ne sais comment, accroché à une épave qui, heureusement, semblait vouloir flotter durablement.

Combien de temps cette situation a-t-elle duré ? Impossible de m’en souvenir. "Un certain temps", aurait dit Fernand Raynaud s’il avait lui-même vécu l’aventure.

ET... RETOUR EN FRANCE !

J’ai été recueilli par des pêcheurs hollandais qui avaient eu la bonne idée de passer par là. Ils m’on débarqué le même jour en Angleterre, à Ramsgat. Deux jours plus tard, le 3 juin, j’ai été dirigé par voie ferrée sur le port de Soupthamton. Avec d’autres Français j’ai été embarqué, le 5 juin, sur le paquebot anglais "Princesse Béatrice" . Le 7 juin, nous débarquions à Brest.

J’ai ensuite été dirigé sur le centre de regroupement d’Evreux. Mais, pendant notre périple, la situation militaire avait dramatiquement évolué. J’ai donc été replié sur Montauban où quelques jours plus tard j’ai appris la signature de l’Armistice.
Affecté au 404e RADCA à Perpignan (1032e Batterie, stationnée à Port-Vendres), j’ai été placé en congé d’armistice le 21 décembre 1940 et j’ai rejoint Lyon.

Paul-Maurice CORDIER

NOTES:

(*) Les N° 400 sont traditionnellement attribués à l’artillerie antiaérienne.

(**) Paul Cordier porte une commémorative de Dunkerque, d’un assez joli effet 

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