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L'affaire de SYRIE

Mémoire

LA RIVALITÉ FRANCO-BRITANNIQUE AU MOYEN-ORIENT 

Les évènements qui se déroulèrent en SYRIE au cours de l’été 1941 doivent être examinés à la lumière de l’histoire mais aussi de la politique des différents protagonistes vis à vis du Moyen Orient.

Historiquement il faut remonter aux croisades et au royaume Franc de Jérusalem pour situer l’origine de l’intérêt porté à cette région par la France en particulier. Quand l’Islam et l’Empire Ottoman submergèrent cette région, il subsista de nombreuses communautés chrétiennes de différents rites dont la France devint la protectrice attitrée sous François 1er puis au XIX° siècle. Cet intérêt pour le Moyen Orient fût une constante de la politique étrangère de la France qui trouva son aboutissement dans le creusement du canal de Suez par Ferdinand de Lesseps. Paradoxalement, dés que cette colossale entreprise devint une réalité, la route traditionnelle des Indes par le cap de Bonne Espérance, que les Anglais avaient jalonnée de places fortes, devint obsolète. Son nouveau tracé par Suez fit de cette région un carrefour essentiel pour la Grande Bretagne.

Dés lors, elle n’eut de cesse d’en évincer la France et le dernier épisode de la lutte sourde qui s’ensuivit, malgré l’entente cordiale, fût l’affaire de Fachoda. On voit donc, au début du XX° siècle, se préciser une certaine rivalité entre la France et la Grande-Bretagne dans cette région qui est toujours sous contrôle nominal de l’Empire Ottoman en pleine déliquescence. La découverte du pétrole ne fît qu’attiser cette rivalité et y amena un troisième larron, les U.S.A

Quand la guerre embrasa l’Europe en 1914, l’Empire Ottoman entra dans le conflit aux cotés de son alliée l’Allemagne. Il fût pris en tenaille par les Franco-Anglais dans la région des Dardanelles, d’une part, et à partir de l’Egypte par les Anglais, aidés des Arabes, d’autre part. Vaincu avec l’Allemagne, il fût dépecé. Entre la Turquie et l’Egypte, le morceau de choix était le Croissant Fertile, appellation traditionnelle de l’ensemble constitué par les parties utiles de l’Irak, de la Syrie du Liban et de la Palestine, excluant les parties désertiques constituées par la Jordanie et l’Arabie. L’espoir de ses habitants et la logique auraient voulu que cette entité devint un seul état, "la Grande Syrie". Des promesses avaient d’ailleurs été faites en ce sens aux leaders arabes, pour les amener à prendre les armes aux cotés des alliés ( Lawrence d’Arabie).

Pour satisfaire aux appétits contradictoires de la France et de la Grande Bretagne, cette région fût dépecée au mépris, il faut bien le dire, de l’histoire et des intérêts locaux. La Grande Bretagne reçut un mandat de la S.D.N. pour administrer l’Irak et la Palestine. La France reçut le mandat pour la Syrie q’elle s’empressa de dépecer à son tour, en créant une entité artificielle regroupant une majorité de chrétiens, le Liban. Il est à noter que ce découpage contre nature n’a jamais été reconnu par la Syrie qui, en conséquence, n’a jamais eu d’ambassadeur à Beyrouth et qui occupe actuellement une partie de ce pays en toute bonne foi.
La Grande Bretagne fit le même genre d’opération en annonçant, le 2 novembre 1917, qu’elle envisageait favorablement l’établissement en Palestine d’un foyer national pour le peuple Juif, source de nombreux problèmes à venir et qui ne sont toujours pas réglés.

LES NOUVEAUX VENUS

De 1920 à 1939, le partage étant réalisé, cette région connut un calme relatif avec cependant l’intrusion de deux nouveaux partenaires : les Etats Unis qui vont prendre pied en Arabie Saoudite et les Allemands qui, à partir de la prise de pouvoir par Hitler, vont mettre en place un système de déstabilisation de cette région. Ils vont y déployer une activité intense avec leurs ressortissants installés sur place, leurs voyageurs de commerce, leurs agents et leurs diplomates. Elle tend essentiellement à dresser les Arabes contre les Français et les Anglais.

Les Allemands préparent ainsi une stratégie visant à les rapprocher des ressources de pétrole de la Roumanie, de l’Irak et de l’Iran, dans un premier temps, (axe sud),puis celles du Caucase dans un deuxième temps, (axe nord aprés l’invasion de l’U.R.S.S.).

Cette stratégie avait comme autre avantage de menacer, voire de contrôler la route des Indes et d’amener la Turquie à basculer dans le camp nazi comme en 1914.

1939-1941.

LA COHABITATION FRANCO-ANGLAISE

Quelques jours avant la déclaration de la guerre, le 30 août 1939, le général Weygand arrive en Syrie porteur d’une instruction personnelle et secrète, lui prescrivant de "s’efforcer de coordonner l’action des différentes armées du théâtre d’opérations des Balkans et de l’est Méditerranéen." Le général Weygand connaît bien cette région, il a été commandant en chef et haut commissaire pour la Syrie et le Liban de 1923 à 1924.

Il dispose à son arrivée de 40.000 hommes bien entraînés, mais équipés d’un armement désuet, plus aptes à des missions de maintien de l’ordre qu’à des opérations de guerre moderne. Pendant 8 mois il va réaliser un travail considérable, mettant sur pied 3 divisions et resserrant les liens avec les pays du théâtre d’opérations et les Anglais qui ont toute confiance en lui.

Rappelé en France en mai 1940 pour essayer de sauver une situation désespérée, il est remplacé par le général Mittelhauser, qui va poursuivre la politique de coopération avec les Anglais. Après l’armistice, Mittelhauser se ralliera à Pétain comme d’ailleurs tous les commandants en chefs de l’Empire, mais dés le 1er juillet 1940, son chef d’état major, le colonel de Larminat, passe en Palestine avec 2 à 300 hommes et rejoint la France Libre.

La coopération avec les Anglais se poursuit pourtant. Un bataillon Français qui avait été envoyé à Chypre pour épauler les Britanniques est rapatrié, 1/3 de ce bataillon rejoint les Gaullistes et va constituer le noyau des Forces Françaises Libres au Levant.
Pour la Grande Bretagne, la menace principale dans la région est l’Allemagne, mais dans cette véritable chasse gardée, les Français n’en demeurent pas moins des intrus. Il faut cependant ménager les Français Libres, nouveaux alliés, qui voudraient bien faire tomber la Syrie dans leur escarcelle, mais aussi la France Pétainiste qui ne constitue pas une menace et dont la marine, en passant dans le camp de l’axe, sonnerait le glas de la Royal Navy en Méditerranée.

Appelé à de nouvelles fonctions, le général Mittelhauser est remplacé par le général Dentz qui arrive à Beyrouth le 29 décembre 1940.

LA MONTÉE DES PÉRILS

L’année 1941 qui commence va voir les relations franco-britanniques se détériorer et se terminer par un conflit dans lequel les F.F.L., engagées aux cotés des Britanniques, vont amener des soldats français à tirer sur d’autres soldats français.

Il faut chercher les raisons de cette détérioration dans la politique de l’amiral Darland qui arrive au pouvoir le 9 février 1941 et avant cela dans l’entrevue de Montoire entre Hitler et Pétain (24 octobre 1940), où fût annoncée une politique de collaboration entre la France et l’Allemagne. En fait, malgré l’emploi de cette expression et la déclaration préliminaire de Pétain, cette entrevue se limita à un échange de vues et à un sondage réciproque. Mais le ver était dans le fruit et elle suscita à juste titre les premières inquiétudes des Britanniques mais aussi des Américains.

En tout état de cause, Darland va s’efforcer de relancer cette politique de collaboration qui était restée lettre morte. Le feu aux poudres va être mis par le coup d’état anti-britannique qui intervient en Irak le 1er avril 1941, fomenté par Rachid Ali avec l’appui des services Allemands. A cette date, l’Irak a recouvré son indépendance mais les troupes Britanniques qui sont autorisées à y stationner sont en cours de renforcement sans accord du gouvernement Irakien. Le nord de l’Irak avec les champs de pétrole de Kirkouk passe sous le contrôle des troupes de Rachid Ali qui coupent le pipe line en direction de Haiffa (Palestine) au profit de celui en direction de Tripoli, en Syrie, qui était fermé depuis l’armistice.

Très rapidement, Darland va accorder le soutien technique aux avions de la Luftwaffe qui transitent par les aérodromes de Syrie en direction de l’Irak et de l’Iran. La Grèce tombe aux mains des Allemands, fin avril, la Crète est prise d’assaut par leurs parachutistes, fin mai. La flèche stratégique allemande en direction de Suez se matérialise sur le terrain. Il va être temps pour les Britanniques de réagir.

Darland poursuit sa politique d’ouverture vers l’Allemagne. Le 14 mai 1941, il rencontre Hitler et on s’accorde pour l’ouverture de conversations militaires qui s’ouvrent à Paris le 21 mai et débouchent sur les accords Abbetz-Darland du 28 mai qui prévoient :
- l’assistance technique aux avions allemands sur les aérodromes français de Syrie ;
- la mise à disposition de Bizerte et de la voie ferrée du sud tunisien au profit des forces de l’axe ;
- la protection de la navigation des forces de l’axe entre Toulon et Bizerte.

Comme on le voit, Darland allait très loin dans une collaboration qui s’apparentait à la co-belligérance.
En fait, ces accords resteront lettre morte en raison de deux oppositions :
- celle de Hitler qui ne veut pas s’engager dans une politique qui aurait pour conséquence de voir la France supplanter l’Italie en Méditerranée. Il est fidèle en amitié et n’abandonnera jamais son vieux complice.
- celle des grands chefs militaires français qui tiennent l’Afrique et veulent que la France reste neutre.

Cette situation nouvelle ne fait qu’aggraver l’inquiétude des Anglais et des Américains.

Dans ces conditions, il ne faut pas s’étonner que les Anglais, qui sont en train d’en finir avec la rébellion de Rachid Ali (ce sera fait le 9 juin), attaquent les forces françaises en Syrie et au Liban le 8 juin 1941.

L’AFFRONTEMENT

Les forces en présence:

Face aux Britanniques, le général Dentz va engager 30 ;.00 hommes. Un ensemble cohérent de soldats de métier, de l’ Armée d’Afrique, Tirailleurs algériens, Spahis, Légionnaires..., qui vont se battre avec leur détermination habituelle.

Ils sont articulés en 27 bataillons d’infanterie, disposant de 21 batteries d’artillerie, de 90 chars et 90 avions de combat. Face aux Britanniques engagés sur de nombreux autres théâtres d’opérations, ils disposent de la supériorité initiale, en particulier pour les chars, ce qui leur permettra de lancer de nombreuses contre-attaques victorieuses. Mais, ils sont en fait encerclés et ne peuvent s’attendre à être ravitaillés ou renforcés. Les différentes tentatives en ce sens échoueront, à l’exception de 2 escadrilles de bombardement et 1 de chasse qui, partant d’A.F.N, parviendront à rallier le Levant.

Le déroulement des opérations:

Les Britanniques vont attaquer suivant 3 axes :
- la route cotière Haiffa Beyrouth Tripoli
- la route Marjayoum Zahlé Homs Alep. Ces deux axes sont confiés à la 7°DA qui agira donc au Liban.
- la route Darra Damas Nabk Homs à partir de la Transjordanie, est confiée à la 5°BI et à la 1°DFL qui agiront en Syrie.

Du 8 au 13 juin, progression des Britanniques sur l’ensemble du front en direction du nord. 1°objectif, la route Beyrouth Damas.
A L’ouest, la 21° brigade de la 7°DA progresse lentement le long de la route côtière, prend Tyr le 9 et fait sauter les uns après les autres les points d’appuis français grâce aux tirs de la Royal Navy. Sayda tombe le 12 juin.

Au centre, la 25° brigade avance avec plus de difficultés.

A l’est, la 5° BI doit enlever Daraa puis forcer le verrou de Kouneitra-Cheik Meskine pour ouvrir la voie à la 1°DFL. C’est fait le 9 juin. Le lendemain, la progression reprend et les Franco-Britanniques atteignent Kissoué le 15, qui commande les accès de Damas.
Du 13 au 17 juin, contre-attaques françaises sur l’ensemble du front.

Le 13, la première contre-attaque se déclenche à l’ouest et rejette les Australiens au sud de Sayda. Elle a pour autre effet de ralentir la progression de la 25° BI vers Marjayoum.

La 2° contre-attaque se déclenche le 15. Chars, auto-mitrailleuses accompagnées de cavaliers et d’infanterie sur camions attaquent en direction de Kouneitra et Cheik Mesquine. Le dispositif Britannique est disloqué et dépassé, la 1° DFL bousculée. Kouneitra capitule et Cheik Meskine est sauvé in extrémis par l’arrivée d’une batterie d’artillerie. Le 16 au soir, la contre-attaque Française aura parcouru 110 kms, détruit une grande partie des éléments arrières Britanniques jusqu’à Daraa, mais elle doit s’arrêter et refluer, faute de moyens pour exploiter son succès initial.

Du 17 au 21 juin, les Britanniques relancent l’offensive grâce à des renforts importants de leur dispositif initial, puis en ouvrant un nouveau front à partir de l’Irak.
- Une nouvelle brigade est engagée dans la région de Merjouyoum.
- Le PC de la 6°division, renforcé par son artillerie divisionnaire, une brigade dans la région de Kouneitra et un bataillon venant de Crête, viennent coiffer le dispositif franco-britannique à l’est.

A l’ouest, les Britanniques sont contenus à hauteur de Damour entre Beyrouth et Sayda.

A l’est, l’offensive contre Damas est lancée. La 5° BI est mise hors de combat sur les hauteurs de Kissoué qui commandent Damas. Elle est relayée par la 1° DFL et la 13° DBLE, puis relevée par une brigade fraîche arrivant de Palestine.

Le 20 juin, un nouveau front est ouvert au nord-est par la Légion Arabe de Glubb Pacha venant d’Irak et marchant sur Palmyre. Elle sera stoppée par l’aviation et le 6° REI qui ne décrochera que sur ordre.

Le 21 juin pour éviter des troubles entre les différentes communautés religieuses qui y vivent, une trêve intervient pour évacuer Damas qui tombe sans combat.

Du 22 juin au 14 juillet.

Damas tombé, les dés sont jetés et la résistance des Français du Levant diminue graduellement. Les effectifs et les moyens s’amenuisent, une partie de l’aviation reste au sol, faute de pièces détachées.

A l’ouest, les Australiens percent à Damour, mais Beyrouth ne tombera pas. Les derniers combats dans cette zone se livrent les 9 et 10 juillet sur l’Anti Liban où les contre-attaques arrêtent les Britanniques.

A l’est, la 6°division progresse vers Baalbek, la 1° DFL vers Homs, d’une part, et Ras Baalbek, d’autre part. La Légion arabe prend Palmyre le 3 juillet mais se trouve arrêtée devant Fourklous par le groupe blindé de Homs. Enfin, tout à fait au nord, la 10°division venant d’Irak fonce vers la mer sans combat et coupe la route à toute retraite des Français du Levant vers la Turquie.

Le général Dentz est autorisé à traiter avec les seuls Britanniques par le gouvernement français. Des négociations ont lieu, elles se terminent par la convention de St Jean D’acre, le 14 juillet, qui met fin aux combats. Les Français ont droit aux honneurs militaires et conservent leurs armes.

LE BILAN:

Les pertes sont sévères de part et d’autre
- 1.066 tués et 5.400 blessés pour les Français du général Dentz.
- 650 tués et blessés pour les Français Libres.
- 4.060 tués et blessés pour les Britanniques.

Mais, ce sont surtout les conséquences politiques qui seront graves. Les Français Libres ont été tenus à l’écart des négociations et cela arrange bien les Britanniques :
- C’est à eux qu’est remis le mandat de la SDN pour la Syrie et le Liban.
- Ces deux pays sont vidés des troupes et de l’administration françaises, 37.563 personnes vont être rapatriées, laissant un vide impossible à combler. Les militaires vont rejoindre l’AFN où ils vont s’employer à fortifier le sentiment anti-britannique et anti-gaulliste.
- Les ralliements à la France Libre sont maigres : 5.500 hommes dont moins de la moitié. de métropolitains.
- Le général de Gaulle s’estime à juste titre dupé. Il parviendra à négocier un acte interprétatif à la convention de St Jean d’Acre réglant les relations franco-britanniques sur place.

En tout état de cause, les Britanniques ont tiré les marrons du feu, ils concluront en 1945, par un véritable ultimatum, enjoignant à la France de se retirer définitivement de la Syrie et du Liban.

Mais ce sera une victoire à la Pyrrhus pour eux aussi. De gros problèmes vont commencer en Palestine avec les Juifs, en Irak, en Egypte . Ils devront également faire leurs valises.
 

FARAC

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