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BIK - HAKEIM

Mémoire

« La Nation a tressailli de fierté en apprenant ce qu’ont fait ses soldats à Bir-Hakeim »
Général de Gaulle

PROLOGUE:

Depuis 1940 l’Allemagne semble être devenue invincible en Europe et son alliée l’Italie voudrait l’imiter en Afrique du Nord où l’Ethiopie, la Libye et une partie de la Somalie sont déjà sous sa coupe. Mais en décembre 1940, les Britanniques à partir de l’Egypte surprennent les Italiens et mettent trois de leurs divisions hors de combat, progressent de 750 km et occupent le 22 janvier le port de TOBROUK sur la côte libyenne. Ayant attaqué la Grèce et y subissant aussi des revers, Mussolini appelle Hitler à son secours. C’est alors que la Grande Bretagne, voulant aider les Grecs, dégarnit à partir de mars 1941 le front de Libye en y prélevant 68 000 hommes pour les envoyer en Grèce.

Décidé enfin à aider ses alliés italiens en Libye, Hitler leur envoie une division légère et une panzerdivision qui forment la base de l’Afrika-Korps sous le commandement du général ROMMEL. Ce dernier mène aussitôt une guerre "éclair" en fonçant sans laisser de répit aux forces britanniques et il atteint les portes de l’Egypte après la reconquête de la Cyrénaïque, ce qui lui vaut le surnom de "Renard du désert".

Cette première offensive est stoppée par la décision d’Hitler d’attaquer l’U.R.S.S. le 21 juin 1941, le front africain étant devenu pour l’Allemagne plus secondaire que jamais. En novembre, les Britanniques contre-attaquent et après une bataille de chars qui dure un mois, Rommel ne pouvant plus combler les vides en hommes et en matériels, doit abandonner la Cyrénaïque.

Mais 18 jours après avoir retraité, le " Renard du désert" fait face, lance sa deuxième offensive et, en 17 jours, il atteint la zone de TOBROUK. Après avoir reculé en désordre, la 8e Armée britannique réussit pourtant à se rétablir sur la ligne AÏN-el-GAZALA - BIR-HAKEIM.

Rommel a pu convaincre Hitler qu’il parviendrait rapidement au CAIRE et, au-delà, jusqu’au canal de Suez. Il a enfin reçu en janvier 1942 ses renforts demandés avec insistance (285 chars et 11 bataillons d’infanterie) et il va pouvoir lancer sa troisième offensive. Elle va connaître l’échec car un "grain de sable" est venu s’introduire dans sa manœuvre audacieuse. C’est la 1ère Brigade Française Libre à BIR-HAKEIM.

Nous sommes en mai 1942. Au même moment, en Europe, l’armée allemande a déclenché une gigantesque offensive qui doit lui donner la victoire décisive par la prise de Moscou.

LA POSITION-CLÉ DE BIR-HAKEIM:

Les Italo-Allemands du général Rommel vont, en effet, trouver sur leur chemin les restes d’un ancien fortin turc qui fut aussi un poste de méharistes italiens situé à un croisement de pistes, avec un puits à sec et une absence complète de végétation où ne vivaient que des escargots. Sur les cartes, ce lieu porte le nom de "BIR-HAKEIM".

C’est dans un tel « paradis » que la 1ère Brigade Française Libre (B.F.L.) du Général KOENIG a reçu l’ordre de s’installer en février 1942, afin de flanquer au sud la 1ère Division sud-africaine et la 50ème Division britannique qui couvrent le port de Tobrouk. Plus à l’Est de ce dispositif se trouve la 2ème Brigade Française Libre qui protège avec la 5ème Division indienne l’aérodrome d’EL ADEM où sont constitués des dépôts pour une offensive britannique future.

Le Général RITCHIE, commandant la 8ème Armée britannique, sait de façon certaine que le Général Rommel se prépare à une offensive et il attend son attaque nettement plus au Nord vers Ain-el-Gazala sur la côte méditerranéenne d’où part jusqu’à Bir-Hakeim une large bande de plus d’un million de mines qui protège sa ligne de défense face à l’Ouest.

Les alliés ont l’avantage du nombre : 125.000 h. contre 113.000 h., 500 canons contre 350, 740 chars contre 570 et 700 avions contre 500. Mais les chars britanniques sont loin de valoir ceux de l’Afrika-Korps et l’arrivée de 200 chars Grant américains ne compense pas la différence, d’autant plus que les Allemands possèdent un canon de 88 m/m très efficace contre les blindés. De son côté l’aviation britannique est nettement surclassée par les Messerschmitt 109 G allemands et les Breda italiens.

LE DISPOSITIF ET L’ORDRE DE BATAILLE DE LA 1ÈRE B.F.L.:

Origine: Revue historique des armées. Numéro spécial 1981 sur la Légion étrangère

La 1ère B.F.L. est fractionnée en deux parties :
L’une, sous les ordres du général Koenig, occupe la position de Bir-Hakeim qui se trouve enserrée par une bande minée en forme de V. Les effectifs sont d’environ 3.700 hommes avec 63 engins légers chenillés "Brenn-gun carriers" [1], 466 armes automatiques, 20 mortiers de 81 mm, 18 canons Bofors contre avions de 40mm et 24 canons de 75mm. Il faut ajouter 55 canons antichars de 25mm, de 47mm sans oublier des 75 « bricolés » en Syrie par des ingénieurs des Arts et Métiers qui les ont rendus aptes à leur mission antichar.

Les unités sur cette position sont :

- l’Etat-Major de la 1ère B.F.L.

- les 2e et 3e Bataillons de la 13e Demi-Brigade de la Légion étrangère.

- le 1er Bataillon de Fusiliers-Marins (D.C.A.)

- le 1er Bataillon d’Infanterie de Marine à 3 Compagnies (B.I.M.)

- le Bataillon du Pacifique(B.P.1)

- le Bataillon de Marche N°2 de l’Oubangui-Chari.(B.M.2)

- le 1er Régiment d’Artillerie.

- la 22e Compagnie Nord-Africaine à 6 Sections.

- la 1ère Compagnie du Génie.

- une Compagnie de Transmissions.

- la 101e Compagnie du Train-Auto.

- Une Ambulance Chirurgicale Légère.

L’autre partie, sous le commandement du chef d’escadron THOREAU, dans la région de d’EL ADEM, comprend les Services, les Echelons et les ateliers de réparation ainsi qu’un hôpital de campagne et les véhicules du Train qui assureront par deux fois le ravitaillement de la position et interviendront lors de la sortie de vive force.

Depuis février, la vie sur le point d’appui est consacrée à l’organisation du terrain pour résister à une attaque de l’ennemi. La position est ceinturée de 50.000 mines de fabrication égyptienne dont la "susceptibilité fantaisiste" cause la mort des défenseurs malchanceux ! Des abris souterrains creusés sous deux mètres de sable permettront de se protéger des coups de l’ennemi. En attendant, ils assurent une certaine fraîcheur.

Entre le 15 et le 20 mai, le Commandement britannique fait connaître que l’attaque de l’ennemi est imminente. La 1ère B.F.L. est alors avertie qu’elle aura à tenir, encerclée, 2 jours au mieux, 10 jours au pire en attendant la contre-attaque décisive !

ROMMEL PASSE À L’ATTAQUE:

Afin "d’éparpiller l’ennemi ", Rommel lance le 26 mai à 14 heures une attaque frontale au nord en direction d’Ain-el-Gazala avec 4 divisions italiennes. A 20 heures vers le sud, il fait démarrer sa masse de manœuvre qui doit, en prenant Bir-Hakeim comme pivot, contourner la première ligne de résistance des Alliés.

Le lendemain 27 mai à l’aube, des patrouilles de la 13ème D.B.L.E. ont signalé des blindés allemands à l’est de la position. Soudain à 9 heures, deux vagues de 80 chars italiens de la Division Ariete passent à l’attaque. Les canons antichars et l’artillerie de la 1ère B.F.L. en détruisent 32 (des M.13 italiens dont certains armés de canons de 75)Le lieutenant-colonel commandant ce 132ème Régiment de Chars est fait prisonnier.

Le 30 mai, un convoi de ravitaillement de 50 camions de la 101ème Cie Auto, escorté de nombreuses automitrailleuses arrive à Bir-Hakeim et les réserves sont alors reconstituées à 7 jours.

S’étant trouvé en difficultés, aussi bien au Nord qu’au sud, mais devant un ennemi qui lui semble indécis, Rommel estime avoir le temps nécessaire pour l’exécution d’un nouveau plan avec Bir-Hakeim comme zone d’appui et de dépôts. Il lui faut donc prendre à tout prix Bir-Hakeim dont les champs de mines feront une ligne d’accrochage en cas d’échec. C’est donc avec la division italienne Trieste et la 90e Division Légère allemande, renforcée de 3 régiments blindés de reconnaissance qu’il investit la position.

De son côté, le Général Ritchie veut contre-attaquer les blindés ennemis acculés au champ de mines et il donne l’ordre à la 1ère B.F.L. de sortir de sa position pour livrer Bir-Hakeim "vide" à Rommel, mais les Français n’ont pas de moyens de transport suffisants dans la place pour l’évacuer et, en outre, la position est déjà encerclée.

Le 2 juin vers midi, un détachement motorisé apparaît à l’est et un véhicule portant un drapeau blanc s’en détache avec 2 officiers italiens qui sont conduits auprès du Général Koenig pour lui proposer une reddition. Ils essuient un refus et les 2 officiers doivent rentrer à pied, car entre temps leur chauffeur avait fait demi tour avec le véhicule.

Le 3 juin vers 9 h 30, 2 conducteurs anglais libérés par les Allemands apportent le message suivant écrit de la main de ROMMEL :
« Aux Troupes de Bir-Hakeim. Toute résistance prolongée signifie une effusion de sang inutile. Vous subirez le même sort que les deux brigades anglaises de Got-el-Oualeb qui ont été détruites avant hier. Nous cessons le combat si vous hissez les drapeaux blancs et si vous vous dirigez vers nous, sans armes. ROMMEL, Général en Chef »

Le Général Koenig adresse alors à la garnison son ORDRE GENERAL :
« Nous devons nous attendre désormais à une attaque sérieuse, tous moyens combinés (aviation, chars, artillerie, infanterie) Elle sera puissante. Je renouvelle mes ordres et ma certitude que chacun fera son devoir sans faiblir, à sa place, coupé ou non des autres. Bien expliquer cela à tout gradé et homme. Et bonne chance à tous. P. KOENIG »

LE SIÈGE:

Le siège commence, il durera 8 jours. Les Stukas, les Ju 88 et 21 groupes d’artillerie matraquent sans arrêt la position. Dans les jours qui suivent plus de 40 000 obus de gros calibre et le chargement de 1400 bombardiers tentent d’écraser la résistance des Français. Les 3 et 4 juin, toutes les tentatives d’attaque de l’ennemi sont arrêtées, mais deux bataillons allemands arrivent à moins de mille mètres des positions.

Le 5 juin, un officier allemand se présente devant les lignes et invite les Français à se rendre. Son véhicule saute sur une mine en faisant demi tour.

Le 6 juin, Rommel se résout à une attaque par le nord à partir d’une crête qui limite la vue des défenseurs de Bir-Hakeim. Il fait venir des troupes d’élite et des canons prévus pour le siège de Tobrouk, principalement les fameux canons de 88 m/m qui vont tirer à vue directe sur le camp retranché.

Le 8 juin, l’enfer se déchaîne. Mais l’aviation anglaise intervient et l’attaque allemande est stoppée. Rommel écrit sur son carnet de route : " ....Malgré son mordant cet assaut fut stoppé par le feu de toutes les armes dont disposaient les assiégés ." Cependant, l’eau commence à manquer, la ration journalière de 1,5 litre ne permettra de tenir que jusqu’au 10 et l’aviation anglaise qui essaie de ravitailler par air la position le fait sans grand succès.

Le 9 juin, les Stukas et l’artillerie allemande passent une nouvelle fois à l’attaque. Les Germano-Italiens montent à l’assaut en formation serrée et réussissent à pénétrer dans la partie nord du dispositif, mais une charge de 3 sections de Brenn-carriers les obligent à décrocher. Par contre, le groupe sanitaire est définitivement détruit et 15 blessés graves sont tués par le dernier bombardement.

LA SORTIE DE VIVE FORCE:

Le commandement allié lui ayant fait savoir que la résistance de Bir-Hakeim n’a plus une importance primordiale, le Général Koenig estime qu’il ne pourra tenir que jusqu’au 10 juin, car le 1er R.A.C. n’a plus qu’une unité de feu et les mortiers environ 50 coups par pièce. De plus, les réserves d’eau sont épuisées. Il décide donc que la garnison tentera une sortie de vive force en emmenant ses blessés dans la nuit du 10 au 11 juin.

Un passage de 10 mètres de large sur 100 de long est pratiqué dans le champ de mines du sud-ouest et tout ce qui ne peut être emporté est détruit. Deux compagnies du bataillon de marche N° 2 restent sur place. Les véhicules sont rangés en colonnes par deux et devant eux les hommes qui nettoieront les lignes ennemies pour permettre leur passage. Le débouché est fixé à minuit, mais le bruit alerte l’ennemi qui lance des fusées éclairantes, les Brenn-carriers de la Légion doivent alors effectuer de véritables charges pour ouvrir le passage. Les camions flambent et l’ennemi concentre ses tirs sur ces torches où des hommes sont brûlés vifs. On voit le capitaine MESSMER (futur Ministre des Armées) et le capitaine LALANDE (futur Gouverneur militaire de Lyon) porter un fusilier marin blessé. La colonne motorisée commence cependant à s’écouler par rames de 10 à 15 véhicules.

Vers 4 h du matin, les deux compagnies du Bataillon de Marche N° 2 après avoir réussi à décrocher arrivent elles aussi à la porte du champ de mines. Après avoir traversé les lignes de feu et les positions des batteries ennemies une partie de la garnison de Bir-Hakeim trouvera une centaine de camions et des véhicules sanitaires qui l’attendent, protégés par une colonne blindée britannique. A 7 h 30, les éléments de recueil récupèrent plus de 2500 hommes. Le siège et la sortie de vive force ont coûté à la 1ère B.F.L. 130 tués, 204 blessés et 814 disparus.

LA VICTOIRE ÉCHAPPE À ROMMEL:

Voulant enlever Bir-Hakeim coûte que coûte, le Général Rommel fait venir en renfort la 15ème Division de Panzers, car il n’a pas été renseigné sur ce qui s’était passé au cours de cette nuit apocalyptique. Après un bombardement aérien massif, lorsque son infanterie d’assaut pénètre dans la position, elle ne trouve que quelques blessés qui font encore le coup de feu.

Rommel, qui vient d’être promu Maréchal, s’empare alors rapidement de Gazala et de Tobrouk, mais la Luftwaffe ne peut plus intervenir sur les colonnes alliées qui se replient, car ses réserves en carburant ont été épuisées par les 1400 raids de bombardement sur Bir-Hakeim dont il escomptait la chute au plus tard le 27 mai. Le retard de 15 jours dans sa prise fut fatal à l’offensive allemande.

Regroupée sur la seconde ligne de défense autour d’EL ALAMEIN, l’armée britannique ne pouvait plus être détruite. La résistance acharnée de la 1ère Brigade Française Libre à Bir-Hakeim fut bien le "grain de sable" qui enraya définitivement l’avance de l’Afrika-Korps vers le canal de Suez. [2]

Notes:

[1] les Brenn-gun carriers sont des engins chenillés légèrement blindés de fabrication anglaise.

[2] Bibliographie. Plaquette sur BIR-HAKEIM du général B. Saint-Hillier, numéro spécial de la Revue Historique des Armées.(1981) Journal de marche du colonel de Sairigné. Livre d’or de la Légion étrangère. 

FARAC

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