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L'armistice de 1918

Mémoire

Quatre-vingt ans se sont écoulés depuis que les clairons, sonnant le « cessez-le-feu » sur tout le front, ont mis fin à cette terrible guerre qui avait ensanglanté l’Europe pendant quatre ans.

Les combattants de cette guerre ont presque tous disparu et ceux qui restent sont centenaires. II n’y a plus non plus beaucoup de personnes qui ont connu l’armistice ou qui s’en souviennent.

Je suis de ceux-là et, puisque ma mémoire est encore bonne, je voudrais, sans aucune prétention, évoquer quelques souvenirs de ce jour mémorable.

Né en 1913, ma conscience s’est éveillée en pleine guerre. La guerre, il n’était question que de cela. Mais, habitant une petite ville du sud-ouest de la France, n’ayant aucun membre de ma famille mobilisé, la guerre restait pour moi quelque chose d’irréel, quelque chose qui faisait partie de la vie normale. La guerre, c’était d’abord les pères de mes camarades revenant en permission dans leur bel uniforme bleu-horizon, la guerre, c’était des noms que j’entendais chaque jour : Verdun, la Marne, Paris, etc ; et aussi Joffre, Pétain et surtout Foch, l’enfant du pays que tout le monde connaissait.

La guerre c’était aussi de temps en temps des amies de ma famille qui arrivaient enveloppées de longs voiles noirs ou un de mes petits camarades de l’école maternelle qui arborait un brassard noir. On nous disait « son père a été tué, il faut être gentil avec lui » ; on lui donnait quelques billes, une image et puis... on pensait à autre chose. La guerre, ce fut aussi ce jour de 1917 où fit son apparition un pain jaune infect, vite remplacé chez nous par un magnifique pain blanc cuit par ma grand-mère qui avait fait 17 km à pied pour nous l’apporter.

Que tout cela doit paraître dérisoire aux gens de mon âge qui ont connu les bombardements, la fuite devant l’avance ennemie, la mort de parents proches !

Et c’est ainsi que l’on arriva au 11 novembre 1918. Mon institutrice, la directrice de l’école, était absente, un terrible incendie ayant, la veille, ravagé l’immeuble où elle habitait. Nous étions rassemblés dans une classe lorsque tout à coup les cloches de l’église se mirent à sonner à toute volée. La maîtresse se leva et nous dit « mes enfants, la guerre est finie, vos pères et vos frères vont revenir, réjouissez-vous ! » Sans trop savoir pourquoi, nous nous sommes tous embrassés, puis la maîtresse nous a renvoyés. Sur le chemin de ma maison, je croisais des groupes en grande discussion. Autant que je me rappelle, si la joie éclatait sur tous les visages, elle restait discrète. II y avait trop de personnes endeuillées sans doute pour de trop grandes réjouissances. Mais toutes les maisons étaient pavoisées et je trouvais ma mère en train de terminer l’arrangement d’un drapeau tricolore. Mon père qui, lui aussi, avait donné congé à ses employés, revint bientôt et m’expliqua du mieux qu’il pût de quoi il s’agissait.

J’ai bien conscience que ce récit fait par un garçon habitant à l’époque Nancy, Lille ou même Paris aurait été plus intéressant. Et pourtant, le souvenir de cette journée est resté bien vivace en moi. J’avais compris que ce qu’on appelait la guerre, n’était pas quelque chose de normal mais qu’au contraire, cette chose atroce était terminée et qu’on allait vivre normalement. Enfin, mon père m’avait fait comprendre que les Alsaciens-Lorrains dont j’avais tant entendu parler allaient enfin redevenir français et cela je ne l’ai jamais oublié. 

FARAC

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