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Le sergent BLANDAN

Mémoire

UN HÉROS LOCAL

Le 16 octobre dernier, lors de la cérémonie commémorative des événements d’Afrique du Nord de 1952 à 1962, les associations de la FARAC et leurs invités ont aussi rendu hommage à un héros des campagnes d’Afrique du Nord du siècle dernier, un homme que Lyon s’honore d’avoir parmi ses enfants célèbres au point de lui avoir érigé une statue et de lui avoir consacré une rue et une impasse, un sous-officier de l’Armée française qui a donné son nom à une caserne fameuse de la ville


Mais combien de Lyonnais connaissent l’histoire du Sergent Blandan ? C’est dans la vocation de la FARAC de perpétuer le souvenir de ce sous-officier valeureux qui montra jusqu’à quel point il avait le sens du devoir. Grâce à l’obligeance de Monsieur Roland ALBERT qui nous a adressé divers documents de grand intérêt, nous pouvons, ci-après, évoquer la mémoire de ce Lyonnais comme nous l’avons fait le 16 octobre au pied de sa statue, Place Sathonay. Et nous espérons que le nouveau quartier qui va se développer sur l’espace laissé libre par l’aliénation de la caserne Blandan conservera le nom de ce héros lyonnais.

Né à Lyon le 9 février 1819, rue de la Cage, devenue depuis rue de Constantine, le jeune Jean Pierre Hippolyte Blandan s’était engagé dans l’Armée d’Afrique. En 1842, soit 12 ans après le début de la conquête de l’Algérie, il appartenait au 26e de Ligne stationné dans l’Algérois. Jeune sergent, il avait été désigné pour escorter un convoi transportant le courrier entre la garnison de Boufarik et celle de Beni-Mered.
Pour raconter ce combat au cours duquel Blandan tomba glorieusement, le mieux est encore de reprendre le texte officiel qui fait la relation, écrite et signée de la main du maréchal Bugeaud, dont la dernière page est présentée, ci contre, en fac similé. Le style de ce texte comme son contenu évoquent bien, à la fois, les circonstances du drame et la personnalité du Gouverneur Général de l’époque, le légendaire "Père Bugeaud" (1784 - 1849), qui vivait très au contact de ses hommes.

LE COMBAT DE MERED

Ordres Généraux

Au Quartier Général à Alger, le 14 avril 1842.

Soldats !

J’ai à vous signaler un fait héroïque qui, à mes yeux, égale au moins celui de Mazagran (**). Là, quelques braves résistent à quelques milliers d’arabes ; mais on est derrière des murailles. Dans le combat du 11 avril, 22 hommes porteurs de la correspondance sont assaillis en plaine, entre Boufarik et Mered, par 2 ou 300 cavaliers arabes, venus de l’est de la Métidja. Le chef des soldats français, tous du 26e de Ligne, était un sergent nommé BLANDAN. L’un des arabes, croyant à l’inutilité de la résistance d’une si faible troupe, s’avance et somme BLANDAN de se rendre ; celui-ci répond par un coup de fusil qui le renverse. Alors s’engage un combat acharné ; Blandan est frappé de trois coups de feu ; en tombant il s’écrie :" Courage, mes amis, défendez-vous jusqu’à la mort. "

Sa noble voix a été entendue de tous, et tous ont été fidèles à son ordre héroïque, mais bientôt, le feu supérieur des arabes a tué ou mis hors de combat 17 de nos braves. Plusieurs sont morts, les autres ne peuvent plus manier leurs armes ; cinq seulement restent debout ; ce sont BIRE, GIRARD, MARCHAND et MONOT. Ils défendent encore leurs camarades blessés ou morts lorsque le lieutenant-colonel MORRIS, du 4e Chasseurs d’Afrique, arrive de Boufarik avec un faible renfort. En même temps, le lieutenant du Génie de GOULARD, qui exécute les travaux de Méred , accourt avec un détachement de 30 hommes, le nombre des nôtres est encore très inférieur à celui des arabes ; mais compte-on ses ennemis quand il s’agit de sauver un reste de héros ? Des deux côtés l’on se précipite sur la horde de Ben Salem. Elle finit par laisser sur la place une partie de ses morts. Des arabes alliés lui ont vu transporter un grand nombre de blessés ; elle n’a pu couper une seule tête, elle n’a pu recueillir un seul trophée dans ce combat où elle avait un grand avantage numérique. Nous avons ramassé nos morts, nos mutilés et nous leur avons donné les honneurs de la sépulture. Les blessés ont été portés à l’hôpital de Boufarik, entourés des hommages d’admiration de leurs camarades.

Lesquels ont le plus mérité de la Patrie, de ceux qui ont succombé sous le plomb, ou de cinq braves qui sont restés debout et qui, jusqu’au dernier moment, ont couvert les corps de leurs frères ? S’il fallait choisir entre eux, je m’écrierais : Ceux qui n’ont point été frappés, car ils ont vu toutes les phases du combat dont le danger croissait à mesure que les combattants diminuaient leur âme n’en a point été ébranlée.
Mais je ne veux pas établir de parallèle : tous ont mérité que l’on garde d’eux un éternel souvenir.

Je compte parmi eux le chirurgien sous aide DUCROS qui, revenant de congé, rejoignait son poste avec la correspondance. Il a saisi le fusil d’un blessé et a combattu jusqu’à ce que son bras ait été brisé.

Je témoigne ma satisfaction au lieutenant-colonel MORRIS qui, en la circonstance, a montré son courage habituel, tout en regrettant d’avoir mis en route un si faible détachement.

Je la témoigne aussi à M. le lieutenant du Génie de GOULARD qui n’a pas craint de venir avec 30 hommes partager les dangers de nos 22 héros.

Voici les noms des 22 Français porteurs de dépêches, car l’Armée doit les connaître tous. La France verra que ses enfants n’ont pas dégénéré, et qu’ils sont capables de grandes choses par l’ordre, la discipline et la tactique qui gouvernent les masses. Ils savent quand ils sont isolés, combattre comme les chevaliers des anciens temps.

Le Lieutenant-Général, Gouverneur Général de l’Algérie Signé : BUGEAUD

NOTES:

(*) Cette statue fut inaugurée Place Sathonay, le 22 avril 1900, puis fut fondue sous l’occupation et remplacée en 1962 par une autre en pierre.

(**) NDLR. A 3 km sud de Mostaganem (Oranie) où un combat célèbre avait eu lieu entre les forces françaises et celles d’Abd-el-Kader.
© Farac-Info n° 352 Novembre 2000

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