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Le général René PESSEY (1915-2002)

Mémoire

Le général de brigade (CR) René PESSEY nous a quittés dans les premiers jours de février dernier à l’âge de 87 ans.

Entré à Saint-Cyr en 1934, il avait choisi l’infanterie à sa sortie en 1936, avait été promu colonel en 1963 et général en 1969
C’était une personnalité très connue à Lyon où il avait terminé sa carrière à l’état-major régional. Jusqu’à ces dernières années il participait activement aux diverses manifestations de la garnison et montrait sa fidélité aux actions de l’Armée française.

Homme courtois, affable, ayant un sens très heureux de l’humour, il était d’une compagnie fort agréable. C’était aussi un bridgeur de haut niveau. Il restait toujours d’une grande discrétion sur lui-même et sur sa carrière. Au moment de sa disparition, nous respecterons cette discrétion. Sauf sur un épisode mémorable qui marqua justement sa carrière en même temps que la jeune histoire de l’A.L.A.T. (Aviation Légère de l’Armée de Terre)

Rapporter cet épisode peu banal qui eut lieu au cours d’une opération en Algérie, le 11 juillet 1957, ce sera notre manière de lui rendre hommage ainsi qu’aux équipages valeureux et toujours disponibles de l’ALAT, en particulier au lieutenant Louis JAMOTTE tué dans ces circonstances. Tous ceux qui grattaient le djebel et voyaient évoluer pendant des heures au-dessus de leur tête les fameux "Piper", souvent dans des conditions difficiles et parfois scabreuses, pour leur apporter leurs yeux, savent qu’ils leur doivent des renseignements précieux et immédiats, des liaisons radios de qualité et surtout leur présence rassurante dont ils avaient tant besoin. Ils savent aussi que les équipages ALAT prenaient des risques plus encore par fraternité d’armes que par souci de la mission bien remplie.

A cet effet, nous avons largement emprunté notre matière - et avec son amicale autorisation - à Patrick-Charles Renaud [1] qui a consacré un article à cette affaire publié dans la revue spécialisée Aérostories [2] et nous avons fait appel au colonel Claude Lemarchand, observateur-pilote ALAT en Algérie, ancien chef de corps de 11ème Groupe d’Hélicoptères Légers à Nancy (1977-1979). De même avons-nous trouvé quelques éléments au Musée du Souvenir militaire de Lyon fournis par le général Claude Sommervogel et auprès du général Lucien Berthet, capitaine à l’époque et bien connu lui aussi dans la garnison de Lyon, qui crapahutait ce jour-là avec ses Légionnaires sous les ailes du commandant Pessey.

Autrement dit, le monde est petit ! On le savait déjà.

Nous remercions les uns et les autres de leur collaboration.

François Lescel

AVION EN PERDITION

Oranie, 11 juillet 1957, fin d’après-midi, région de Boutin, une zone boisée située à 25 km au sud de Sidi-Bel-Abbès, la garnison de tradition de la Légion étrangère. Une bande rebelle a été repérée et une opération montée pour l’intercepter. Des éléments des 1e REI et 129 RI y participent.

A Sidi-Bel-Abbès est situé l’état-major de la 13e DI. On y décide de mettre les moyens en commençant par la couverture aérienne de l’opération par l’observation ALAT. Deux L 21 du peloton avions de la 13e DI décollent de la piste d’aéroclub située à proximité. Dans l’un d’eux, à la place arrière, le commandant Pessey, chef du 3e bureau de la Division.

En fin de journée, les troupes au sol signalent l’accrochage avec la bande rebelle. Les deux appareils se portent aussitôt au-dessus de la zone pour préciser les renseignements et guider lesunités. Mais les rebelles, très combattifs, prennent à partie les Piper à la mitrailleuse. Les deux avions reçoivent des impacts de balles, mais dans celui du commandant Pessey, le lieutenant Louis Jamotte, pilote, atteint à l’artère fémorale, perd rapidement son sang.

Pas question de se poser en catastrophe sur ce terrain accidenté et boisé. Une seule solution, s’efforcer de revenir au terrain. Le pilote met ses dernière forces à maintenir l’appareil en vol et à l’orienter sur la base, mais il ne va pas tarder à s’évanouir. Le commandant Pessey n’a jamais piloté. En outre, la place arrière n’a pas son manche, le plus souvent enlevé pour permettre à l’observateur de déployer ses cartes.
Laissons la suite du récit à Patrick-Charles Renaud qui a bien reconstitué l’ambiance :

Livré à lui-même, l’appareil pique du nez. Comme il est très grand, Pessey saisit le manche par-dessus l’épaule de Jamotte et redresse. Il avise son micro au bout de son fil et passe sur le canal 16 un appel en l’air assez bref :

. Ici Boléro 30, mon pilote est grièvement blessé et je suis aux commandes de l’appareil. (...) .Bien compris, Boléro, nous sommes à cinq minutes, nous arrivons et nous allons vous aider. Vous verrez, c’est facile.

Le message rassurant provient de l’équipage de l’autre Piper qui assure l’observation à l’altitude de 400 mètres. L’avion, piloté par le maréchal-des-logis Bonnissent, avec le lieutenant Segond pour observateur, a reçu quatre projectiles dans les ailes. Bonnissent place son taxi un peu au-dessus et en arrière, avant de faire un court briefing à Pessey.

. Où est votre manette des gaz ? demande-t-il.

. Au milieu.

. C’est bon. Voyez le cadran à gauche, c’est le badin. Veillez à rester au-dessus de 70 miles. Au milieu, l’horizon artificiel, et à droite l’indicateur de cap, mais vous n’en aurez pas besoin.

Le vol se poursuit sans incident. (...) Dans les airs, Bonnissent fait effectuer un demi-cercle à Pessey pour le positionner dans l’axe de la piste, en lui demandant de réduire les gaz. Le commandant s’aligne exactement en s’asseyant un court moment sur le bord du siège, le manche au bout des doigts, de manière à pouvoir jouer du palonnier de direction. Il réduit les gaz.

L’avion aborde la piste un peu vite. Il touche le sol, rebondit à hauteur d’un troisième étage, redescend, et remonte un seconde fois un peu plus bas. Pessey repousse le manche et l’abandonne pour se cramponner au siège des deux mains, au cas où il se poserait sur le dos. L’avion quitte la piste et retombe sur ses deux roues, dont l’une s’affaisse. IL s’immobile dans un champ voisin, dans un magistral nuage de poussière. (...)

P.-Ch. Renaud Algérie 1954-1962. Piper en détresse. Aérostories 2001 [3]

PILOTE D’HONNEUR DE L’ALAT

Le Commandant Pessey est sorti indemne de son poser acrobatique . Malheureusement, le pilote, le lieutenant Jamotte est retiré sans vie de la carlingue. L’artère fémorale sectionnée, les délais étaient insuffisants pour le sauver.

42 ans après les événements que nous venons de relater, le 7 avril 1999, une cérémonie intime réunit à Lyon quelques amis autour du général et de Madame Pessey, décédée quelques semaines plus tard.

Le Brevet de Pilote d’Honneur (option avion), accordé le 12 mars 1999 par le général de division de Monchy, commandant l’Aviation Légère de l’Armée de Terre, était remis alors au général PESSEY.

Ce dernier, très ému , tint à redire combien il était redevable au dévouement extrême du lieutenant Jamotte qui a piloté jusqu’à son dernier souffle, au lieutenant Second pour ses encouragements et au maréchal-des-logis Bonnissent qui a réussi à lui transmettre les gestes essentiels pour arriver à poser l’appareil.

Et comme le général René Pessey a toujours su tirer toute sa vie des traits d’humour des situations les plus insolites, voire tragiques, ce jour-là, le mot de la fin revint à "l’insolent Pierre Bocaccio" [4] , disant au "jeune breveté" :

"Quelle affaire pour un simple poser !... Moi, il m’en a fallu beaucoup plus pour obtenir ce fameux brevet... Et il m’a fallu en plus supporter le moniteur !"

Claude Sommervogel

NOTES:

[1] Algérie 1954-1962. Piper en détresse, Aérostories 2001. Patrick-Charles Renaud est également l’auteur de Aviateurs en Guerre (Afrique du Nord - Sahara 1954-1962), paru aux Editions GRANCHER (Paris) Voir à la fin des présents articles quelques uns des ouvrages de cet auteur consacrés à l’AFN.

[2] Aérostories doit évoquer, dans son prochain numéro à paraître dans le présent trimestre, l’aviation pendant la guerre d’ Indochine. Voir aussi son site spécialisé http://aerostories.org et plus spécialement http://aerostories.free.fr/events/a....
[3] Les ouvrages spécialisés de Patrick-Charles RENAUD.

- Aviateurs en Guerre (Afrique du Nord - Sahara / 1954-1962), paru aux Editions GRANCHER (Paris) - La Bataille de Bizerte (19 au 23 juillet 1961), paru aux Editions de l’HARMATTAN (Paris) - Combats Sahariens (1955/1962) paru aux Editions GRANCHER (épuisé en livrairie - quelques exemplaires sont encore disponibles auprès de l’auteur)
Les personnes souhaitant se procurer l’un de ces ouvrages, peuvent s’adresser à l’auteur : Patrick-Charles RENAUD - BP 24 - 54425 PULNOY - Tél. : 03.83.20.13.38 - mailto:renaudpatrickcharles@net-up.com.
Nos remerciements à Patrick-Charles RENAUD, Philippe Ballarini et Aerostories http://aerostories.free.fr/events/algerie/.

[4] Ancien sous-officier-pilote ALAT

FARAC

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