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Le commandant FAURAX, un gone au service de la France

Mémoire

*GONE VIENT DU GREC "GONOS" : ENFANT. EN GÉNÉRAL SE DIT À LYON D’UNE PERSONNE NÉE DANS CETTE VILLE ET MÊME AUSSI DANS LA RÉGION LYONNAISE

Dans une ville, certains noms de rue devraient rappeler aux habitants, non seulement leur histoire mais aussi leurs enfants qui ont servi la France et donné souvent leur vie pour Elle. Bon nombre de Lyonnais, surtout parmi les jeunes générations, en passant dans la rue Commandant FAURAX ignorent tout de cet officier français mort pour la France en 1892 au Dahomey (le Bénin actuel) en menant le combat contre le roi esclavagiste Béhanzin. Dans un article paru dans « Le Progrès » en septembre de la même année il était écrit à son sujet : « Il y a trouvé une mort glorieuse qui a mis en deuil tous les Lyonnais ».

Entrée de l'école de l'application de tir Plaque de la rue Commandant Faurax

Ses origines et sa jeunesse

C’était un enfant de la « Guille » né le 16 mars 1849 au 10 cours Morand, actuellement cours Franklin Roosevelt, dans la commune de la Guillotière qui à cette époque ne faisait pas encore partie de Lyon. Il était le fils de Charles Louis Claude Faurax, carrossier de voitures hippomobiles, et d’Antoinette Aguétant. Son frère fut conseiller d’arrondissement de Saint-Laurent-de Chamousset.
Il avait du s’enthousiasmer dans son jeune âge pour les campagnes de l’armée de Napoléon III et peut-être entendu parler de celle du Mexique où la Légion étrangère s’illustra à Camerone en 1863. Ne voulant pas faire le même métier que son père, c’est ce qui aurait pu l’avoir poussé aussi à s’engager le 9 avril 1867 pour 7 ans au 77e régiment d’infanterie de ligne où il fut nommé caporal le 15 octobre de la même année et sergent le 6 janvier 1869.

Plaque Commandant Faurax Acte de naissance du Commandant Faurax

La guerre de 1870-1871

Dès le début de cette guerre contre la Prusse, le sergent Faurax avait participé à l’assaut contre Sarrebrück le 2 août 1870. Blessé à l’épaule droite et à la poitrine, il était évacué sur l’arrière. Mais à peine guéri de ses blessures il remontait en ligne. Le 18 décembre, son unité faisait partie d’une formation comprenant les légions du Rhône, une de la Gironde et le 32e de marche aux ordres du général Cremer, qui combattirent les 25.000 Badois du général Werder à Nuits Saint Georges, cette bataille coûta la perte de 1200 hommes à la 1ère légion du Rhône [1]. Le sergent Faurax y avait été blessé par un éclat d’obus à la jambe gauche. Ses qualités de chef et sa conduite au feu lui avaient valu l’épaulette de sous-lieutenant. Muté au 90e régiment d’infanterie de ligne, puis au 57e régiment d’infanterie de marche, il continuait le combat contre l’envahisseur.

En cette période difficile, il était de ceux que leur personnalité fit émerger. Il fut promu lieutenant le 26 novembre 1870 puis capitaine sur le champ de bataille le 15 janvier 1871. Il avait reçu la croix de chevalier de la Légion d’Honneur. Mais le nouveau gouvernement de la Défense nationale de Tours, réduisit l’inflation des grades et le capitaine Faurax fut remis lieutenant et confirmé dans ce grade le 15 janvier 1872 par une décision de la commission de révision des grades. Il faut aussi noter qu’il avait été interné en Suisse avec une partie de l’armée de Bourbaki et rapatrié en France à la fin de la guerre.

Le combat de Nuits Saint-Georges Le général Bourbaki

La période métropolitaine et hors de France

Le 10 mai 1871 le traité de paix fut ratifié entre la France et l’Allemagne qui, grâce à cette guerre avait réussi son unification. La France humiliée commença à reconstituer son armée et se tourna vers les terres d’Afrique et d’Asie. Cependant le lieutenant Faurax, nommé enfin capitaine au 1er mai 1875, fut retenu sur le sol métropolitain pour participer à l’encadrement de nouvelles unités. Affecté successivement aux 100e, 92e, puis 101e régiments d’infanterie de ligne, il suivit aussi des cours de spécialisation, comme ceux de l’école de tir de La Valbonne près de Lyon.

En 1881, le capitaine Faurax, adjudant-major [2] au 101e, embarquait avec son régiment pour la Tunisie. Pendant 5 années il fera partie des colonnes de pacification à travers ce pays. L’année 1887 a vu sa mutation au 3e bataillon d’infanterie légère d’Afrique [3], contrairement à ce que l’on aurait pu croire le contact avec les « réprouvés » lui fit découvrir l’armée d’Afrique et le goût de l’aventure qui se concrétisa en 1889. En effet au 11 juillet de cette même année, promu chef de bataillon, il était affecté au 1er Etranger à Sidi-bel-Abbés. Il rejoignait enfin cette Légion étrangère qu’il avait souvent côtoyée au combat lors de la guerre de 1870-1871 ou en Tunisie. C’est avec ses légionnaires de l’un des 4 bataillons du 1er Etranger qu’il mena la lutte contre les pirates qui opéraient au Tonkin. Il avait obtenu ce qu’il désirait : avoir un commandement à la Légion. Par la suite, il fut chargé d’étudier l’organisation militaire au Japon. Ce fut un déchirement pour lui lorsqu’il reçut sa mutation en métropole pour le 6e régiment d’infanterie de ligne où il n’aura de cesse de revenir dans son ancien corps.

Son retour dans la Légion étrangère

L’intermède en métropole aura été de courte durée et, alors qu’il servait au 98e de ligne à Sathonay près de Lyon, il put réintégrer de nouveau le 1er Etranger le 29 janvier 1890.

En 1868, la France avait signé avec le roi de Porto-Novo [4] Un traité lui assurant la liberté commerciale et son petit royaume fut placé sous protectorat français en 1880 avec un résident gouverneur. Mais le nouveau roi du Dan-Homey (Dahomey) Béhanzin depuis 1889,ayant cependant reconnu par un traité ce protectorat, envisageait de prendre Cotonou et Porto-Novo pour lui permettre ainsi d’assurer la continuité de son commerce des esclaves vers l’extérieur. Les comptoirs français de ces deux ports furent mis en alerte et le gouvernement français se décida à envoyer des renforts militaires. La conduite des opérations fut confiée au colonel Dodds et la Légion étrangère fournit un bataillon de 825 hommes (23 officiers, 49 sous-officiers et 753 gradés et légionnaires) venant des deux régiments étrangers, sous le commandement du chef de bataillon Faurax qui avait été promu officier dans l’ordre de la Légion d’Honneur en 1891.

L’armée de Béhanzin, forte d’environ 12.000 hommes et...femmes (les femmes-guerriers formaient l’élite de cette armée) [5], dont les conseillers étaient des européens, était équipée en partie de fusils à tir rapide et de quelques canons-revolvers.

Légionnaire au Dahomey Le roi Béhanzin

Vers Dogba et la mort

Le 30 août 1892, la colonne Dodds composée de marsouins [6] de tirailleurs indigènes et de légionnaires après avoir débarqué à Cotonou s’enfonçait dans la forêt vierge en direction d’Abomey capitale du roi Béhanzin. Sur le fleuve navigable Ouémé, les trois canonnières de l’expédition assuraient la protection. Le 5 septembre le commandant Faurax prenait la tête d’une forte reconnaissance afin d’établir un bivouac pour la colonne progressant vers Dogba où elle devait cantonner sur le plateau et commencer la construction d’un fort. Le 19 septembre, le groupe du commandant Faurax formé des 2e et 3e compagnies de légionnaires recevait l’ordre de quitter Dogba pour continuer vers Abomey. Mais environ 4000 Dahoméens ayant à leur tête le frère du roi Béhanzin attaquèrent le camp. La compagnie de marsouins riposta aussitôt. Le commandant Faurax donna alors l’ordre à la 2e compagnie de légionnaires d’envoyer en soutien face à l’est une section et un peloton. Tous les éléments de la colonne ouvrirent le feu sur l’ennemi qui réagit immédiatement avec une extrême violence. Plusieurs hommes furent tués et d’autres mortellement blessés, ce qui a été le cas du commandant Faurax atteint d’une balle au côté. Le capitaine Drude [7] le remplaça à la tête du bataillon de Légion.

L’adversaire ayant réussi à pénétrer à l’intérieur du bivouac fut repoussé et subit de lourdes pertes. Après quelques retours offensifs, les Dahoméens abandonnèrent le terrain sur lequel ils laissèrent de nombreux cadavres, des armes et des munitions, mais la colonne avait eu aussi des tués et des blessés. A 11 heures du matin le combat était complètement terminé. A 14 heures les blessés dont le commandant Faurax furent évacués par le fleuve Ouémé sur Porto-Novo par l’une des canonnières. Malheureusement il ne supporta pas ce transfert et mourut dans la nuit du 19 au 20 septembre des suites de sa blessure. Mais le 17 novembre, Abomey la capitale du roi Béhanzin (surnommé « bec en zinc » par les soldats français) était prise et le roi en fuite se rendit 5 mois plus tard à une patrouille de légionnaires.

Carte du camp de Dogba Béhanzin lors de sa déportation à Fort de France en Martinique

Béhanzin lors de sa déportation à Fort de France. Martinique (Collection Claude Girard) Le roi Béhanzin fut déporté à la Martinique le 30 mars 1894, puis en Algérie où il mourut en 1906. Actuellement au Bénin, il est considéré comme un héros de la résistance au colonialisme.

Tenue que portait le commandant
Faurax lors du combat de Dogba

Médaille commémorative
du Dahomey créée en 1892

Les hommages de Lyon à son glorieux Gone

Le corps du commandant Faurax fut rapatrié sur Lyon qui lui fit des obsèques solennelles à l‘église de la Rédemption avec les honneurs militaires. Il fut inhumé dans le caveau de la famille Faurax au cimetière (ancien) de la Guillotière, allée 23. Les sociétés patriotiques du Rhône firent circuler une pétition afin qu’une rue de Lyon porte son nom et la décision fut prise lors de la délibération du conseil municipal du 12 décembre 1893, cette rue est située dans le 6e arrondissement entre l’avenue de la Grande Bretagne et le boulevard des Belges. La ville de Sidi-bel-Abbés, berceau de la Légion étrangère en Algérie, lui rendit aussi hommage en donnant son nom à une rue, espérons que le gouvernement algérien actuel ne l’a pas fait disparaître. C’est du reste au numéro 3 de cette rue que naquit en 1947 « Képi Blanc » le magazine de la Légion étrangère. En 1963, il y avait encore au Dahomey, à Parakou (Province de Borgou) le cantonnement d’un régiment d’Infanterie de Marine qui s’appelait « camp Faurax ». Enfin le 25 avril 1998, l’amicale des anciens de la Légion étrangère de la région lyonnaise dévoila sur le lieu de sa naissance une plaque à sa mémoire, en présence de ses descendants.

Caveau de la famille Faurax
(ancien cimetière de la Guillotière à Lyon)
Stèle sur le côté gauche représentant
le commandant Faurax

Bibliographie :

Musée du souvenir militaire de Lyon.

Musée de la Légion étrangère d’Aubagne

Histoire de France d’Henri Martin, Jouvet et Cie Editeurs.

Le Livre d’Or de la Légion étrangère de Jean Brunon, Georges-R. Manue et Pierre Carles Lavauzelle.

Histoire de la Révolution de 1870-1871 de Jules Claretie. Journal « L’éclipse » 1872.

NOTES:
[1] La bataille de Nuits Saint Georges eut à Lyon un terrible retentissement et le bruit se répandit que les légions lyonnaises avaient été massacrées lors de ce combat. On parla de trahison et des meneurs poussèrent à un soulèvement immédiat. Le commandant du 12e bataillon de la garde nationale fut fusillé par les émeutiers qui tentèrent vainement d’instituer la Commune révolutionnaire.

[2] L’adjudant-major était un officier, le plus souvent du grade de capitaine qui suppléait au chef de bataillon dans les régiments.

[3] Pour encadrer les hommes provenant des compagnies de discipline, les condamnés en correctionnelle à plus de trois mois de prison et appelés sous les drapeaux furent organisés en 1832 un premier puis un second bataillon d’infanterie légère d’Afrique (BILA) et enfin un troisième en 1833. Les soldats de ces « Bat’d’Af » furent appelés « Joyeux », « Bataillonnaires », « Réprouvés » ou « Zéphyrs ».

[4] Porto-Novo : port situé sur la lagune du golfe de Guinée, dans la partie sud du Dahomey (actuellement le Bénin) était aussi un petit royaume depuis 1868.

[5] Les « femmes-guerriers » de Béhanzin appelées aussi « amazones » étaient redoutées pour leur courage et leur férocité (dans la mythologie grecque, les amazones étaient un peuple de femmes guerrières des rives de la mer Noire). De nos jours en Libye, la garde personnelle du président Khadafi est composée uniquement de femmes.

[6] Marsouin : Nom donné aux soldats de l’infanterie coloniale, puis à partir de 1962 à ceux des troupes de marine.

[7] Le capitaine Drude fut fait commandeur dans l’Ordre de l’Etoile Noire du Bénin. (Ordre créé en 1889 par Toffa, roi de Porto-Novo, devenu un Ordre colonial français en 1896)  

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