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NOTRE DRAPEAU D'HIER A AUJOURD'HUI

Mémoire

Les enseignes, pennons, guidons et cornettes

Avant la Révolution, il n’y avait pas de drapeau national en France. Dans les osts (armées) du Moyen-Age, flottaient sur les champs de bataille des bannières, des pennons et des guidons (étendards des gens d’armes sous Charles VII) les plus divers. La bannière royale était généralement bleue, semée de fleurs de lis d’or. Le drapeau blanc, emblème officiel des royalistes ne datera que de la Restauration. Par contre, l’enseigne ou le guidon blanc était la marque du commandement et c’est pour cette raison que le roi Henri IV à la bataille d’Ivry aurait été suivi d’une cornette blanche, car il commandait en personne son armée [1] Les cornettes étaient d’anciens étendards de la cavalerie tirant leur nom de ce qu’ils étaient placés aux cornes (coins) des unités, puis ce nom fut donné aux officiers qui portaient ces enseignes.

C’est à ses funérailles qu’apparurent pour la première fois ce qui pouvaient être appelés des drapeaux, les emblèmes des quatre compagnies des archers de la garde du roi, de quatre couleurs différentes : rouge, verte, bleue et grise.

Après la suppression de la charge de connétable par Richelieu en 1627, ce furent les colonels généraux de l’infanterie, de la cavalerie et des dragons qui eurent droit à la cornette ou au guidon blanc.

Là où un colonel général était présent sur le champ de bataille il ne devait y avoir qu’un seul emblème blanc. Mais peu à peu la tradition voulut que dans chaque régiment, la compagnie colonelle, dont le colonel était le chef en titre, porte aussi une enseigne blanche, alors que les autres compagnies avaient des enseignes de couleur.

Lorsque Louis XIV en 1661 supprima la charge de colonel général de l’infanterie, il s’attribua les pouvoirs de colonel général et prit alors une enseigne blanche.

A partir de 1671, les régiments n’eurent plus droit qu’à deux sortes de drapeaux : le blanc réservé à la Compagnie colonelle et le drapeau d’ordonnance à croix blanche et à quatre cantons de couleurs diverses sur lequel peuvent figurer les devises. Il faut cependant noter qu’en 1789, le régiment des gardes françaises créé en 1563 avait encore 30 drapeaux dont un blanc (colonel).

La cocarde tricolore

La cocarde portée sur les coiffures des militaires apparut à la fin du dix-septième siècle. Ses couleurs variaient d’un régiment à un autre et même en 1767, lorsque toute l’infanterie française dut prendre la cocarde blanche, certains régiments conservèrent leur cocarde particulière (ce genre de particularisme appelé aussi « l’esprit de bouton » existe encore de nos jours dans les armées).

Les couleurs personnelles du roi étaient : bleu, rouge et blanc. Les troupes qui approchaient le roi (gardes du corps, mousquetaires de la Garde, gardes françaises, gardes suisses) avaient des uniformes variés mais portant ces trois couleurs.

Après la prise de la Bastille par les Parisiens, le roi Louis XVI fut reçu à l’Hôtel de Ville de Paris le 17 juillet 1789 par le » maire Bailly et c’est peut-être sur le conseil de La Fayette, commandant la Garde national, qu’il fixa la cocarde parisienne bleue et rouge (Déjà en janvier 1358, lors de la révolte des Parisiens contre le Dauphin, le prévôt des marchands Etienne Marcel avait fait adopter par le parti bourgeois le port d’un large chapeau bleu et rouge.) sur son tricorne auprès de sa cocarde blanche. Les couleurs bleues et rouges de la Ville de Paris avaient déjà été adoptées par la milice parisienne devenue Garde nationale. Ainsi naquit la première cocarde tricolore dont les couleurs étaient dans l’ordre : blanc, bleu, rouge. Cependant rien n’a pu prouver que le roi avait fait une concession à l’émeute puisque ces trois couleurs étaient depuis longtemps celles de la « livrée royale ». Par la suite leur disposition sur les cocardes avec le bleu au centre et le blanc sur le pourtour persista jusqu’en 1814 .

L’article 16 du décret du 5 juillet 1792 prescrivait à tout homme, résidant ou voyageant en France, de porter la cocarde nationale ; toute autre cocarde était considérée comme un signe de rébellion et tout individu qui se revêtait d’un signe de rébellion était puni de mort.

Les premiers drapeaux tricolores

Dans le courant des années 1789 et 1790, les 60 bataillons de la Garde nationale reçurent leurs drapeaux offerts par les 60 districts et faubourgs de Paris. La plupart de ces drapeaux portaient les trois couleurs des cocardes mais disposées différemment pour chacun d’eux. Lors de la fête de la Fédération du 14 juillet 1790, il y avait toujours une grande variété dans les drapeaux des unités présentes : la majorité de ces drapeaux avaient la croix blanche, comme sur les drapeaux de l’infanterie, les cantons étaient de bleu, de rouge opposé.Cependant certains avaient encore les bandes verticales ou horizontales, et même une croix rouge bordée de bleu sur fond blanc.

Quelques-uns étaient gironnés [2]bleu et rouge. Ils portaient des devises et des trophées. Leurs cravates étaient blanches ( les drapeaux sous la royauté portaient une cravate blanche) [3] ou bleues et rouges, ou même tricolores.

C’est alors que des actes d’insubordination se manifestèrent parmi les marins qui reprochèrent à leurs officiers de continuer à porter la cocarde blanche et de plus les bâtiments de la marine française arboraient toujours un pavillon blanc. C’est pourquoi après l’intervention de Mirabeau, un décret fut adopté par l’Assemblée nationale le 24 octobre 1790 qui fixait la dis position des couleurs sur les pavillons des vaisseaux et des bâtiments de commerce :

Article 1er.- Le pavillon de beaupré sera composé de trois bandes égales et posées verticalement ; celle de ces bandes, le plus près du bâton de pavillon, sera rouge, celle du milieu blanche, la troisième bleue.

Article 2.- Le pavillon de poupe portera dans son quartier supérieur le pavillon de beaupré ci-dessus décrit, cette partie du pavillon sera exactement le quart de la totalité et environnée d’une bande étroite, dont la moitié de la longueur sera rouge et l’autre bleue ; le reste du pavillon sera de couleur blanche.

Aucune mesure analogue n’avait été prise dans l’armée de terre et les régiments conservaient leurs drapeaux de couleurs, de dessins et de formes variés. Toutefois les cravates blanches devaient être remplacées par des cravates aux couleurs nationales. Le texte officiel à ce sujet employait pour la première fois le terme de « couleurs nationales ».

Un décret, demandé par le comité militaire de l’Assemblée nationale, décida le 30 juin 1791 que le premier drapeau de chaque régiment (ce qui prouvait qu’il y avait encore plusieurs drapeaux dans chaque régiment) porterait désormais les trois couleurs nationales disposées de la façon suivante :

Le drapeau de chaque régiment sera blanc, entouré d’une bande tricolore ; en haut sera un petit encadrement des bandes tricolores, au milieu le numéro du régiment avec cette devise : DISCIPLINE ET OBEISSANCE A LA LOI. Les drapeaux des autres bataillon seront variés selon le rang du bataillon ; les cravates seront aux couleurs nationales.

Enfin la loi du 22 août 1792 ordonnait de brûler les anciens drapeaux et étendards et de les remplacer par des emblèmes aux trois couleurs, sans en définir les formes et les dessins. On peut donc considérer cette loi comme étant à l’origine de notre drapeau tricolore.

Vers notre drapeau actuel

Si le drapeau tricolore fut imposé, la plus grande variété existait encore pour la disposition des couleurs. Ainsi le drapeau de l’une des deux demi-brigades ou régiments (la 5e ou la 12e) que le général Bonaparte aurait tenu au combat d’Arcole [4] en 1796 ne ressemblerait en rien à notre drapeau actuel (sauf sur le timbre émis en 1972 par les Postes et sur lequel le dessinateur Decaris a commis de nombreuses erreurs historiques dont celle du drapeau tricolore avec trois bandes verticales).

Cependant le 15 février 1794, il avait été décidé que les drapeaux porteraient au centre le monogramme R .F. entouré de deux branches dorées de laurier. Dans les quatre angles, alternativement bleus et rouges serait placé le numéro du régiment ou de la demi-brigade. Il semblerait que ces nouvelles dispositions ne furent pas toujours respectées. Le remaniement des bataillons et la création de nouvelles demi-brigades en 1796 permirent alors des modifications importantes dans les drapeaux. L’un des 3 bataillons de la demi-brigade (celui du centre) avait le drapeau aux trois couleurs placées verticalement, les deux autres bataillons avaient chacun un drapeau avec les trois couleurs disposées différemment pour chaque demi-brigade [5].

C’est seulement en l’an XI (1802-1803) que commença une certaine uniformité dans les drapeaux français. En ce qui concernait l’armée de terre, les trois couleurs furent généralement disposées de la façon suivante : un losange blanc central ayant ses angles au milieu des côtés du drapeau, des quatre triangles formés ainsi aux quatre angles du rectangle, deux étaient rouges et deux bleus.

Sous le Premier Empire, un arrêté du maréchal Berthier, ministre de la guerre, conserva aux drapeaux et étendards la forme qui avait été fixée en l’an XI. Il faut cependant remarquer qu’à cette époque, c’était surtout l’Aigle surmontant la hampe du drapeau qui était portée au milieu des combats et non l’étoffe du drapeau restée à l’arrière dans la « caisse » du régiment. Il est vrai que Napoléon 1er, ayant une certaine tendance à n’apprécier que ce qu’il avait créé, préféra toujours ses Aigles à la soie tricolore des drapeaux.

A ce sujet, il avait écrit à un chef de corps dont l’aigle avait été prise : " J’aimerais mieux avoir perdu mon bras gauche que d’avoir perdu mon aigle ! Il faut qu’à la première occasion votre régiment m’apporte quatre drapeaux ennemis et alors je verrai si je dois lui rendre une aigle". [6].

"Deux braves, pris parmi les anciens soldats non lettrés, qui par cette raison n’auront pu obtenir d’avancement, seront placés à côté de l’Aigle, ils sont nommés par nous et ne peuvent être destitués que par nous."
Décret impérial du 25 décembre 1811

"Le deuxième et le troisième porte-aigles auront un casque et des épaulettes défensives, ils seront armés d’un épieu avec flamme, ou esponton de parade et de défense, avec une paire de pistolets."

Après la chute de l’Empire, une ordonnance du Roi créait pour l’infanterie un drapeau dont le fond était blanc avec l’écusson de France et la désignation du régiment, un décret du 13 avril 1814 avait déjà imposé le pavillon blanc sur les bâtiments de guerre et les navires de commerce.

Les couleurs nationales furent rétablies pendant les Cent-Jours. En juillet 1815 , les drapeaux blancs furent de nouveau arborés au retour du roi Louis XVIII . La révolution de juillet 1830 se fit sous l’égide du drapeau tricolore qui fut aussi par la suite celui de Louis-Philippe, roi des Français.

Il fallut attendre la révolution de 1848 et la célèbre intervention de Lamartine rejetant le drapeau rouge [7], lequel fit de nouveau une courte apparition en 1871 lors de la Commune de Paris, pour voir le gouvernement provisoire de la République imposer par un arrêté du 6 mars la disposition des couleurs de notre drapeau national, telle qu’elle est encore aujourd’hui :

Article 1er.- Le pavillon, ainsi que le drapeau national, sont établis tels qu’ils ont été fixés par le décret de la Convention du 27 pluviôse an II, sur les dessins du peintre David. Article 2.- En conséquence, les trois couleurs nationales disposées en trois bandes égales, seront à l’avenir, rangées dans l’ordre suivant : le bleu attaché à la hampe, le blanc au milieu et le rouge à l’autre extrémité.

Les nouveaux drapeaux distribués aux régiments le 20 avril 1848 étaient surmontés d’une pique et portaient d’un côté les inscriptions LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE, UNITE et de l’autre REPUBLIQUE FRANCAISE.

Louis-Napoléon, élu président de la République, fit remplacer le 31 décembre 1851 la pique par l’Aigle, ainsi lorsqu’il fut empereur seules les inscriptions changèrent. A la chute de l’Empire les drapeaux restèrent tricolores, mais la pique avec le monogramme R.F. retrouva sa place sur la hampe.

La Constitution du 27 octobre 1946, dans son article 2, déclarait que l’emblème national était le drapeau tricolore bleu, blanc et rouge à 3 bandes verticales d’égales dimensions. Il semblerait cependant que dans certains cas, la largeur de la bande blanche ait été inférieure à celle des deux autres bandes. Par contre, la Constitution du 4 octobre 1958, tout en indiquant que notre emblème national est bleu, blanc et rouge, ne précise pas qu’il est formé de 3 bandes verticales.

L’emblème national dans nos armées

Les dimensions des emblèmes tricolores ne sont pas imposées sauf en ce qui concerne ceux des armées françaises :

Pour l’Armée de Terre

L’étamine en soie est composée de trois bandes. Sur un côté de l’étoffe sont peints en lettres d’or les mots : REPUBLIQUE FRANCAISE.et la désignation du régiment ou de la formation. Sur l’autre côté, toujours en lettres d’or, les mots : HONNEUR ET PATRIE [8] et les noms des principales batailles ou opérations [9] dans lesquelles la formation s’est fait remarquer. Des couronnes de laurier, placées aux quatre angles des deux côtés de l’étoffe, portent le numéro du régiment. La hampe de 2m en bois est peinte en bleu et porte en haut un fer de lance en bronze doré avec un cartouche rond dans lequel est inscrit le monogramme R.F.. A la base de la couronne est fixée la cravate tricolore à 2 pans, portant en lettres d’or le numéro du régiment et les décorations, ainsi qu’éventuellement la ou les fourragères.

Les drapeaux ont 90 cm de côté (infanterie, génie, transmissions, écoles militaires) et les étendard 64 cm de côté (arme blindée cavalerie, artillerie, train, alat, matériel).

Autrefois, les troupes à cheval, principalement la cavalerie, avaient avec elles leur emblème lorsqu’elles chargeaient au combat. Mais celui-ci était de taille plus réduite que le drapeau des troupes à pied, afin de ne pas gêner le cavalier qui le portait. Dans le décret de 1791 relatif aux drapeaux de l’armée, il est fait état de l’étendard de chaque régiment de cavalerie. Déjà au XVIe siècle, un inventaire du trésor de Saint Denis fait mention d’un étendard.

Pour la Marine Nationale

Les unités ou formations spécialisées à terre ont un drapeau aux mêmes dimensions que ceux de l’armée de terre.
Des pavillons et des flammes sont arborés sur les navires. Leur longueur est variable, suivant la taille des bâtiments, mais la largeur pour les pavillons doit être égale aux deux tiers de la longueur. La proportion des couleurs par rapport à la longueur pour les pavillons est de 30% pour le bleu, 33% pour le blanc et 37% pour le rouge. Par contre pour les flammes qui vont en s’amenuisant vers la pointe, la proportion est de 20% pour le bleu, 20% pour le blanc et de 60% pour le rouge ; leur longueur en mètre était fonction du nombre de mois passés durant la mission. Le pavillon principal est placé à la poupe (l’arrière) du navire et c’est vers lui que doivent se tourner les militaires pour le saluer en montant à bord ou en quittant le bord, ce salut s’adresse non seulement au pavillon, mais au bâtiment tout entier ; il est donc dû à toute heure du jour et de la nuit. En rade, le pavillon de beaupré (pavillon national de dimensions réduites) est hissé tous les jours à la proue (l’avant) en même temps que le pavillon de poupe.

Le pavillon national est mis en berne, c’est à dire non hissé jusqu’en haut du mât en signe de deuil [10] ou de détresse.

Dans la Marine, l’expression « Amener le pavillon » c’est à dire descendre le drapeau signifie la reddition. C’est pour cette raison que sous la Révolution un membre de la Convention en1794 avait dit en parlant du pavillon aux trois couleurs de la Marine : « Braves marins, vous le défendrez cloué à la poupe de vos vaisseaux. » Ainsi, il était plus difficile de l’amener pour demander la reddition.

Pour l’Armée de l’Air

L’Aviation militaire qui devint l’Armée de l’Air reçut son premier drapeau le 13 mai 1916 sur la base de Longvic près de Dijon. Il était alors porté par le sous-lieutenant Guynemer. Ce même drapeau était porté le 20 juin 1918 par le lieutenant Fonck.

Les drapeaux des Escadres ont les mêmes dimensions que ceux de l’Armée de Terre. Il faut noter que le premier drapeau du 1er Régiment de Chasseurs Parachutistes, issu des 601e et 602e Compagnies d’Infanterie de l’Air , a été celui de la 81e Escadre aérienne.

Pour la Gendarmerie

Les formations de la Gendarmerie départementale et de la Gendarmerie mobile ont un drapeau, de même pour les deux Régiments d’Infanterie de la Garde Républicaine à pied. Le régiment de Cavalerie de cette formation arbore un étendard.

Les honneurs rendus aux emblèmes nationaux

Au commandement « Au drapeau ! », les honneurs sont rendus par une batterie de tambour ou une sonnerie de clairon et par une sonnerie de trompette au commandement « A l’étendard ! ». Les honneurs sont aussi rendus par les Musiques militaires suivis du refrain de la Marseillaise.

Dans les bâtiments militaires, casernes, quartiers et camps où il y a une place d’armes avec un mât des couleurs, le drapeau tricolore est hissé chaque matin et descendu chaque soir, avec la sonnerie réglementaire des honneurs si cela est possible.

Par contre dans la Gendarmerie, les couleurs ne sont hissées que le dimanche et les jours fériés. L’honneur de porter le drapeau du régiment ou de la formation lors des cérémonies militaires revient au lieutenant, sous-lieutenant ou aspirant le plus décoré, comme c’était le cas lors des combats jusqu’à la fin de la guerre de 1914-1918.

Le maréchal Bazaine prescrivit de réunir les drapeaux de tous les régiments à l’arsenal, en annonçant qu’ils y seraient brûlés ; puis il donna l’ordre au directeur de l’arsenal de les conserver. Dans le plus grand nombre des corps de la garnison, on remit les drapeaux en croyant qu’ils seraient détruits. Mais d’autres virent plus clair. Le colonel Péan, du 1er grenadiers de la garde, déchira le drapeau de son régiment ; il conserva ces glorieux lambeaux qui étaient encore, quelques années après, l’objet de la vénération de ses soldats. Le commandant de la brigade de ce régiment, le général Jeanningros, fit immédiatement détruire le drapeau de son autre régiment, les zouaves de la garde. Le colonel Lecointe, du 2e grenadiers en fit autant. Bazaine averti, se hâta d’expédier une circulaire où il affirmait de nouveau que les drapeaux seraient brûlés à l’arsenal. A cette déclaration, le général Jeanningros répondit par la note suivante : « Les drapeaux de mes deux régiments ont été déchirés sur mon ordre, et les morceaux distribués aux deux régiments ; les drapeaux de ma brigade n’iront pas à Berlin ».

Les drapeaux de la division du général Lapasset furent brûlés : « Ma brigade ne rend ses drapeaux à personne ; elle ne se repose sur personne de la triste mission de les brûler » Les drapeaux de la division Lavaucoupet furent aussi brûlés. De même le 14e d’artillerie et le 1er du génie détruisirent leurs drapeaux.

Le directeur de l’arsenal malgré l’ordre reçu en avait brûlé aussi un certain nombre. C’est ainsi que 31 drapeaux évitèrent la souillure c’est à dire la remise à l’ennemi, mais il en resta 53 qui lui furent livrés. [11]

ATTEINTE ET OUTRAGE AU DRAPEAU

Sans nommer expressément qu’il s’agissait du drapeau français, l’article 257 du code pénal punissait d’un emprisonnement de 1 mois à 2 ans et d’une amende de 500 à 30.000 francs toute destruction ou dégradation volontaire d’un « objet destiné à la décoration publique et élevé par l’autorité publique ou avec son autorisation ». Dans le cadre d’une manifestation indépendantiste, cette destruction ou dégradation pouvaient être considérées comme une atteinte à la Défense Nationale. Commises par un militaire, elles étaient réprimées par le code de justice militaire (de 6 mois à 3 ans d’emprisonnement et, éventuellement destitution ou perte du grade.) En 2003, l’Assemblée Nationale a voté un amendement permettant de sanctionner de 7.500 euros d’amende et de 6 mois de prison les atteintes au drapeau national .
Dans la nuit du 14 au 15 juin 2006, le Sénat a adopté un amendement au projet de loi sur l’immigration ajoutant l’outrage public au drapeau aux motifs de retrait de la carte de résident.

"Le quotidien Corse-Matin dans son édition du 3 octobre 2006 a fait paraître avec pour titre "Condamnés pour vol du drapeau tricolore" un court article expliquant que le tribunal de Vesoul a condamné 3 jeunes gens pour avoir décroché le drapeau français du fronton de la mairie de Vaivre-et-Montoille ( Haute-Saône) le 27 juin 2OO6."

BIBLIOGRAPHIE :
Emblèmes et drapeaux de la France
Arthur MAURY
Septembre 1904
Les drapeaux français de 507 à 1872
Louis de BOUILLE
Dumaine 1872
Histoire de France
Henri MARTIN
Editions Jouvet et Cie
Histoire universelle des Armées
Editions Robert Laffont 1966
Quid 1997
Dominique et Michèle FREMY
Editions Laffont
L’illustration de 1914 à 1918
13, rue Saint Georges, Paris
Mémorial de Sainte Hélène de Las Cases

NOTES:
[1] Rien ne prouve que la cornette personnelle du roi Henri IV était blanche à la bataille d’Ivry. Par contre dans « Le Théâtre d’honneur » écrit en 1620 par Favyn, ce dernier décrivait la cornette d’Henri IV lors de ses funérailles comme étant « Orengé, Blanc et Bleu » (Favyn a bien écrit Orengé avec un e).
[2] Gironné : se dit en héraldique de l’écu ou blason divisé en 8 parties triangulaires égales entre elles, aux couleurs alternées.
[3] Quand l’ordonnance du 27 octobre 1790 prescrivit que les drapeaux français porteraient une cravate tricolore au lieu de la cravate blanche, des officiers qui rejoignirent l’armée de Condé (l’armée des émigrés) conservèrent la cravate blanche du drapeau de leur ancien régiment pour s’en confectionner des écharpes ou des brassards, comme signe de la contre-révolution.
[4] D’après Louis Madelin (L’ascension de Bonaparte), Jean Lucas-Dubreton (Napoléon) et dans l’Histoire universelle des Armées, c’est le général Augereau, brandissant un drapeau d’une des demi-brigades de sa division, qui précéda Bonaparte sur le pont d’Arcole. Par contre, Norvins (Histoire de Napoléon) et Henri Martin (Histoire de France) ont écrit que Bonaparte s’était élancé sur le pont un drapeau à la main.
[5] A cette date, il y avait encore plusieurs drapeaux dans chaque demi-brigade, au moins un par bataillon .
[6] L’Aigle napoléonienne fut dessinée par Isabey et sculptée par Chaudet. Elle était en bronze doré. Fabriquées à plus de 1000 exemplaires, les Aigles furent remises solennellement au Champ de Mars le 5 décembre 1804. En général, seul l’Empereur avait le droit de remettre les Aigles aux régiments.
[7] Le 26 février 1848, les partisans du drapeau rouge obtinrent, au début, que le drapeau national porterait à la hampe une rosette rouge.
[8] L’inscription « Honneur et Patrie » remplaça « Valeur et Discipline », devise créée par Bonaparte 1er Consul en 1803. Le 30 novembre 1920, la devise « Honneur et Patrie » fut officiellement remplacée sur tous les drapeaux de la Légion par « Honneur et Fidélité ».
[9] Après la guerre de 1939-1945, le nombre d’inscriptions de batailles ou de guerres sur les drapeaux et étendards fut fixé à 12 avec cependant quelques rares exceptions. La dernière inscription autorisée fut « AFN. 1952-1962 ».
[10] Les drapeaux peuvent aussi être mis en berne sur les monuments publics comme signe de deuil.
[11] En juin 1940, le drapeau du 11e régiment étranger d’infanterie, avait été brûlé "réglementairement" sauf sa cravate tricolore, qui fut enterrée sous le porche de l’église du village de Crézilles en Meurthe et Moselle. 

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