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JOHANN ULRICH OCHSENBEIN

Mémoire

Pendant la guerre de Crimée, pour pallier l’immobilisation de nombreuses troupes françaises dont faisaient partie les deux seuls régiments de la Légion étrangère, l’empereur NAPOLEON III décida par décret impérial en date du 17 janvier 1855, d’instituer une 2e Légion. Comme il avait reçu une formation militaire à l’école d’officiers de THUN [1] lors de son exil en Suisse et pour renforcer l’amitié franco-helvétique, il voulut que cette 2e Légion qui comprendrait deux régiments de ligne et un bataillon de tirailleurs soit composée d’engagés suisses. Elle serait appelée « Légion suisse ». Une unité d’artillerie avait même été prévue à l’origine.

Le colonel OCHSENBEIN rompt avec l’armée suisse.

C’est vers cette époque que le colonel fédéral suisse [2] subit un échec aux élections dans son pays. L’intéressé avait commencé sa carrière militaire en 1830 après avoir été incorporé dans le corps académique de la république de Berne. Nommé sergent en 1831, il devint colonel en 1846 et commandant en chef des troupes bernoises. Colonel fédéral d’état-major en 1848, puis chef du Département militaire fédéral jusqu’en 1854, il donna alors à l’armée suisse une instruction et une puissance d’unité qu’elle n’avait jamais eues auparavant. Mais cet officier tempétueux et ayant des goûts d’aventures, dégoûté par l’instabilité des carrières politiques se décida à quitter ses fonctions et à demander un commandement dans un corps étranger. Après de nombreuses tergiversations,il fut récupéré par la France grâce à la ténacité de NAPOLEON III qui évita ainsi de le voir prendre le commandement du corps suisse que l’Angleterre avait déjà formé pour la guerre de Crimée, « l’anglo-swiss Légion » composée de deux régiments qui n’y prirent du reste aucune part active.

Dans son message d’adieu à l’armée suisse, le 14 décembre 1854, le colonel OCHSENBEIN ne manqua pas de s’en prendre à ceux qui sapaient les fondements de l’armée et d’ajouter : « Bien que je quitte la sphère d’action qui m’était assignée, je ne cesserai cependant point de vouer mon attention au militaire en général et tout mon attachement à l’armée. » Ayant eu du mal à se séparer de ses anciens camarades officiers suisses, il en amena plusieurs avec lui en France dont son fils. Par la suite il fut même accusé d’avoir entraîné avec lui une partie de la jeunesse suisse, mais plus tard il rejettera les accusations d’émigration et d’enrôlements illicites.

Général de l’Armée française

Promu général de brigade dans l’armée française à titre étranger, il fut nommé par décret impérial en date du 17 janvier 1855 au commandement de la 2e Légion étrangère après avoir dissuadé l’empereur de l’appeler « Légion suisse », car ayant été chef du Département militaire fédéral, il voulait éviter de se mettre personnellement sous quelque rapport que ce soit en opposition directe avec les lois suisses qui interdisaient soit les capitulations [3] soit même le recrutement dans certains cantons. Il approuva donc le projet d’appeler « 2e brigade étrangère » ce nouveau corps, la 1ère étant en Crimée.

Cependant par tradition, les troupes suisses au service de la France ayant porté un uniforme d’une couleur particulière, les légionnaires et les officiers de cette brigade furent habillés de drap vert au lieu de drap bleu. Le général OCHSENBEIN portait lui-même l’uniforme de général français, mais de couleur verte . Cet uniforme est conservé au musée de Berne.

En tant que commandant de cette 2ème brigade étrangère, il résidait à Besançon depuis mars 1855 où était installé un bureau de recrutement qui ne pouvait pas, compte tenu de la loi suisse, se trouver sur le territoire helvétique. Mais le nombre des engagés suisses fut assez faible et leur qualité peu intéressante. De plus la guerre étant pratiquement terminée en Crimée, l’armée française avait tendance à revenir à des effectifs du temps de paix, comme ce fut souvent le cas. C’est pourquoi cette 2ème Légion était condamnée à disparaître et le décret du 16 avril 1856 réorganisant les deux Légions mettait fin à son existence éphémère. Rentrant de Crimée la 1ère brigade étrangère forma le 2ème Etranger et les maigres unités de la 2ème brigade étrangère donnèrent naissance au 1er Etranger.

Le général OCHSENBEIN quitta alors discrètement la France sous couvert d’une permission obtenue le 4 avril 1856.

Il obtint la nationalité française le 31 octobre 1860 et quelques jours après la déclaration de guerre entre la France et la Prusse, un passeport suisse lui fut encore délivré le 27 juillet 1870 par le canton de Berne pour se rendre en France, sur lequel figurait sa qualité de général français. Rappelé en service le 22 janvier 1871 en tant que général de division au titre auxiliaire, il reçut l’ordre le 5 février de se rendre en Suisse pour visiter les militaires français de l’armée de l’Est qui y étaient internés. De retour en France, il se vit confier par décision du Ministre de la guerre en date du 15 février 1871 le commandement à Bourg en Bresse des troupes qui, avant lui, avaient été sous les ordres du général PELISSIER.

A la suite de l’armistice de Versailles du 28 janvier 1871, le général OCHSENBEIN fut licencié le 15 mars et fait chevalier de la Légion d’Honneur le 5 mai. De retour en Suisse, il vécut comme propriétaire terrien dans les environs de Nidau et intervint dans les luttes politiques en attaquant par ses écrits les chefs radicaux du canton de Berne et de la Suisse. Dans sa vieillesse il continua à jouer un rôle dans le parti du peuple, mais fut alors frappé durement par le destin quand, lors d’un accident de chasse, il atteignit mortellement son épouse.
Oublié de tous il est décédé le 3 novembre 1890. Cependant dans l’avis de décès, paru dans le "Berner Volkszeitung", il fut présenté comme Général et non comme conseiller fédéral.

La Légion étrangère et la Suisse

Des liens particuliers ont toujours unis la France et la Suisse. Il se peut qu’une amitié ait lié le futur NAPOLEON III et l’officier suisse OCHSENBEIN, mais rien n’a été démontré à ce sujet. Le fait que cet officier, ayant des goûts d’aventures, ait choisi, après un « écœurement » politique dans son pays, de servir la France prouve que dès ses débuts, notre Légion étrangère a été une réussite pour notre pays.
Le célèbre dessin, bien connu au sein de la Légion étrangère, représentant le baron Albert de TSCHARNER en uniforme de colonel de l’armée suisse, dont l’image se reflète dans une glace en uniforme de lieutenant-colonel de la Légion étrangère, aurait pu aussi bien être réalisé pour le général OCHSENBEIN. D’une longue lignée de gens de guerre bernois, le colonel Albert de Tscharner d’après un portrait charge qui le représente en colonel de l’armée suisse devant une glace où son image est celle d’un colonel de la Légion Etrangère.

BIBLIOGRAPHIE:
Mémoire de licence d’Evelyne MARADAN (1987) sur les Suisses et la Légion étrangère de 1831 à 1861 La 2ème Légion étrangère (Képi Blanc de février, mars et avril 1975) Le livre d’or de la Légion étrangère (1831-1976) Le service historique de l’armée de terre

NOTES:
[1] En 1834, le conseil exécutif de Berne l’avait nommé capitaine d’artillerie [2] Ce grade correspond au grade de général de division en France. [3] Les « Capitulations » étaient des traités internationaux qui ont fait de la Suisse un fournisseur de soldats et non de mercenaires. La loi fédérale de 1849 a interdit de recruter sur le territoire helvétique pour le compte d’une armée étrangère. 

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